Krach de Dexia : un effet domino en route dans l’UE ?

L’expérience de 2007-2008 n’a absolument pas amené les gouvernements à imposer des règles prudentielles strictes, au contraire...

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Cet article com­plète la série : « Dans l’œil du cyclone : la crise de la dette dans l’Union euro­péenne » publiée en sept par­ties sur le www.cadtm.org. La ver­sion uni­fiée de la série est éga­le­ment dis­po­nible sur le site du CADTM

Par Éric Tous­saint, doc­teur en sciences poli­tiques des uni­ver­si­tés de Liège et de Paris VIII, pré­sident du CADTM Bel­gique, membre de la Com­mis­sion pré­si­den­tielle d’audit inté­gral de la dette (CAIC) de l’Équateur et du Conseil scien­ti­fique d’ATTAC France. A diri­gé avec Damien Millet le livre col­lec­tif La Dette ou la Vie, Aden-CADTM, 2011. A par­ti­ci­pé au livre d’ATTAC : Le piège de la dette publique. Com­ment s’en sor­tir, édi­tion Les liens qui libèrent, Paris, 2011.

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En ce début du mois d’octobre 2011, la faillite vir­tuelle de la banque fran­co-belge Dexia est un signe sup­plé­men­taire de l’ampleur de la crise qui amène les pou­voirs publics à se mettre entiè­re­ment au ser­vice des inté­rêts pri­vés en abu­sant des finances publiques. Cette faillite de Dexia montre que le maillon faible de la chaîne de la crise de la dette est consti­tué par les banques pri­vées alors que les gou­ver­nants et les médias domi­nants mettent l’accent sur la crise de la dette publique [1].

En sep­tembre 2011, devant l’ampleur des menaces qui pèsent sur l’ensemble du sec­teur finan­cier pri­vé confron­té aux effets de sa poli­tique aven­tu­riste, les banques cen­trales d’Europe occi­den­tale (la Banque cen­trale euro­péenne — BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque de Suisse) et la Réserve fédé­rale des Etats-Unis ont pris une mesure d’une excep­tion­nelle impor­tance : elles mettent à dis­po­si­tion des banques pri­vées toutes les liqui­di­tés néces­saires en dol­lars et en euros pour une période supé­rieure à trois mois afin de per­mettre aux orga­nismes finan­ciers de pas­ser le cap de l’année 2011. C’est dire à quel point les gou­ver­nants et les grands argen­tiers publics ont peur de ce qui peut arri­ver au der­nier tri­mestre 2011. Les banques euro­péennes qui emprun­taient à court terme en dol­lars auprès des money mar­ket funds états-uniens ont vu se fer­mer le robi­net. Il a fal­lu que les banques cen­trales prennent la relève sous peine d’assister à un pos­sible krach ban­caire d’organismes comme BNP Pari­bas, Dexia, la Socié­té géné­rale, le Cré­dit Agri­cole, Natixis pour ne par­ler que de quelques banques fran­çaises et belges. Ce nou­veau krach de Dexia [2] montre que cette mesure ne suf­fit pas à résoudre le pro­blème per­çu à tort comme un pro­blème simple de liqui­di­tés. Dexia n’est peut-être que le pre­mier domi­no à tom­ber en ce qua­trième tri­mestre 2011.

Les pou­voirs publics comme le prê­teur prin­ci­pal en pre­mier et en der­nier res­sort

On assiste une fois de plus à une belle démons­tra­tion : dans l’UE, les banques cen­trales des pays membres et la BCE ne peuvent pas prê­ter d’argent aux pou­voirs publics qui doivent donc se finan­cer auprès des banques et autres inves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels. Le sec­teur pri­vé est donc sup­po­sé capable de finan­cer seul et sans sou­tien éta­tique les besoins des pou­voirs publics, des entre­prises et des ménages. Or voi­ci que les ban­quiers cen­traux, c’est-à-dire les pou­voirs publics, appa­raissent de plus en plus clai­re­ment comme le prê­teur prin­ci­pal en pre­mier et en der­nier res­sort. Les banques pri­vées euro­péennes se financent de quatre manières : 1. elles empruntent aux autres banques sur le mar­ché inter­ban­caire ; 2. elles empruntent aux ménages qui déposent en banque leurs liqui­di­tés –leur salaire en début de mois et leur épargne ; 3. elles empruntent aux entre prises non finan­cières ; 4. elles empruntent en dol­lars aux money mar­ket funds des Etats-Unis (qui empruntent eux-mêmes auprès de la Réserve fédé­rale) ; 5. elles empruntent aux banques cen­trales. Or, le mar­ché inter­ban­caire s’est rétré­ci comme peau de cha­grin car les banques doutent les unes des autres tant elles ont d’actifs toxiques dans leur bilan ; les dépôts des ménages, en période de crise, ne sont pas exten­sibles et, plus grave, si les ménages perdent confiance dans une ou plu­sieurs banques, ils risquent de se ruer vers les gui­chets pour reti­rer leur argent et ten­ter de le mettre en sécu­ri­té (ce qui fait pani­quer les ban­quiers, les banques cen­trales et les gou­ver­ne­ments dont cer­tains, comme en France, ont limi­té les retraits de fonds par les par­ti­cu­liers) ; des entre­prises non finan­cières retirent leurs liqui­di­tés des banques (en sep­tembre le Finan­cial Times a révé­lé que la trans­na­tio­nale alle­mande Sie­mens avait reti­ré 500 mil­lions d’€ de la banque fran­çaise Socié­té Géné­rale pour les dépo­ser à la BCE) [3] ; les money mar­ket funds ont lar­ge­ment fer­mé le robi­net de leur cré­dit à par­tir de juin 2011. Du coup, les banques pri­vées se financent essen­tiel­le­ment auprès des banques cen­trales.

Rachat mas­sif sur le mar­ché secon­daire de la dette par la BCE

Ce n’est pas tout. La BCE a pour­sui­vi sa poli­tique de rachat mas­sif, sur le mar­ché secon­daire de la dette, de titres ita­liens, espa­gnols, grecs, por­tu­gais et irlan­dais. Entre le 8 août 2011 et le 12 sep­tembre 2011, elle en a ache­té pour 77 mil­liards d’euros, dont 40 mil­liards de titres ita­liens [4]. L’objectif est double : 1. déles­ter les banques pri­vées d’Europe occi­den­tale qui jusqu’en 2010 ont ache­té à tour de bras des titres de la dette de ces pays consi­dé­rés aujourd’hui à plus ou moins haut risque ; 2. essayer d’éviter que l’Italie et l’Espagne ne se retrouvent dans la situa­tion de la Grèce, de l’Irlande et du Por­tu­gal qui, à cause des taux d’intérêt qui ont explo­sé, ne peuvent plus emprun­ter sur les mar­chés au-delà d’un an. Les besoins d’emprunts de l’Italie d’ici juillet 2012 s’élèvent à 300 mil­liards d’euros et ceux de l’Espagne à 80 mil­liards. Si l’Italie et l’Espagne devaient renon­cer à emprun­ter sur les mar­chés finan­ciers à cause de taux d’intérêt trop éle­vés, le Fonds euro­péen de sta­bi­li­té finan­cière (FESF) ne dis­po­se­rait pas des moyens suf­fi­sants pour répondre aux besoins de finan­ce­ment de ces deux pays, d’autant qu’il devra aus­si ache­ter des titres grecs, por­tu­gais, irlan­dais, et peut-être d’autres pays membres de la zone euro… [5] De plus, le FESF est un ins­tru­ment très peu pra­tique créé par les pays de la zone euro en mai 2010 pour répondre à la tour­mente dans laquelle la Grèce se trou­vait. Preuve du peu de mania­bi­li­té du FESF : la déci­sion d’augmenter son volume d’intervention et de lui per­mettre de rache­ter des titres sur le mar­ché secon­daire ou d’injecter du capi­tal dans des banques défaillantes prise par les gou­ver­ne­ments euro­péens, la Com­mis­sion euro­péenne et la BCE le 21 juillet 2011 doit être rati­fiée par cha­cun des 17 par­le­ments de la zone euro. Dix semaines plus tard, le pro­ces­sus de rati­fi­ca­tion par les par­le­ments n’est pas ter­mi­né.

Depuis le 21 juillet, la crise s’est encore accen­tuée : les Bourses ont conti­nué à être très instables avec une très forte ten­dance à la baisse en par­ti­cu­lier pour la capi­ta­li­sa­tion des banques ; la crois­sance éco­no­mique a flé­chi par­tout, même en Alle­magne qui jusqu’en juin 2011 affi­chait des résul­tats supé­rieurs à la moyenne euro­péenne ; la chute de la pro­duc­tion et de la consom­ma­tion en Grèce s’est aggra­vée ; le chô­mage aug­mente presque par­tout ; les recettes fis­cales baissent par­tout, ce qui réduit les res­sources des Etats pour rem­bour­ser la dette ; la pos­si­bi­li­té de nou­velles faillites d’institutions finan­cières pri­vées est dans tous les esprits.

Les gou­ver­ne­ments euro­péens sont pris à leur propre piège

Les gou­ver­ne­ments euro­péens sont pris à leur propre piège : lors de la créa­tion de l’UE et de la BCE, ils ont déci­dé que la Banque cen­trale euro­péenne et les banques cen­trales des Etats membres de l’UE n’avaient pas le droit de prê­ter direc­te­ment aux Etats. Ceux-ci doivent s’en remettre aux ins­ti­tu­tions finan­cières pri­vées (banques, assu­rances, fonds de pen­sions…) pour se finan­cer. Si la BCE et les banques cen­trales des Etats membres pou­vaient prê­ter aux pou­voirs publics comme le fait la Réserve fédé­rale des Etats-Unis, la crise de l’UE serait atté­nuée. Sans prendre les Etats-Unis pour modèle, loin de là, il faut signa­ler que la Fed a ache­té au Tré­sor des titres de la dette publique (Trea­su­ry bonds) pour un peu plus de 1700 mil­liards de dol­lars, dont 900 mil­liards depuis la faillite de Leh­man Bro­thers en sep­tembre 2008 [6].

D’autres carac­té­ris­tiques de l’UE ren­forcent la crise. Le bud­get de l’Union est minus­cule et les trans­ferts fis­caux en faveur des éco­no­mies les plus faibles sont très limi­tés. A titre de com­pa­rai­son, si les Etats-Unis étaient régis par les mêmes contraintes et que les trans­ferts du bud­get fédé­ral états-unien vers les Etats membres étaient aus­si faibles que dans l’UE, une dizaine d’Etats seraient dans la même situa­tion que la Grèce ou le Por­tu­gal : la Vir­gi­nie, le Mary­land, le Nou­veau Mexique, la Flo­ride…

Les éco­no­mies faibles de la zone euro qui accusent un défi­cit com­mer­cial par rap­port aux pays les plus forts (Alle­magne, France, Pays-Bas, Bel­gique, Autriche…) n’ont pas la pos­si­bi­li­té de jouer sur leur taux de change afin d’augmenter leurs expor­ta­tions. L’appartenance à la zone euro s’est trans­for­mée en une cami­sole de force. C’est pour­quoi l’éventualité d’une sor­tie de la zone euro fait par­tie du débat sur la sor­tie de la crise tant à gauche qu’à droite de l’échiquier poli­tique.

La crise de la zone euro et, au-delà, de l’UE est patente. C’est bien connu, le pois­son pour­rit en com­men­çant par la tête. La crise tra­verse toutes les ins­tances de cen­tra­li­sa­tion de l’UE et de la zone euro, les gou­ver­ne­ments des prin­ci­paux pays s’opposent sur les poli­tiques à suivre. Nico­las Sar­ko­zy et Ange­la Mer­kel ne s’entendent pas sur les mesures à prendre. Le gou­ver­ne­ment alle­mand est favo­rable a une réduc­tion plus impor­tante de la valeur des titres grecs dans les bilans des banques pri­vées qui les détiennent tan­dis que le gou­ver­ne­ment fran­çais fait pres­sion pour qu’on s’en tienne à la décote de 21% accep­tée le 21 juillet sur pro­po­si­tion de l’Institut inter­na­tio­nal de la finance (IIF), le car­tel des prin­ci­pales banques créan­cières de la Grèce. En claire oppo­si­tion à son gou­ver­ne­ment, Josef Acker­mann, pré­sident de ce car­tel et direc­teur exé­cu­tif de la Deutsche Bank, a affir­mé lors de la réunion annuelle de la Banque mon­diale et du FMI tenue à Washing­ton fin sep­tembre 2011 qu’il était oppo­sé à toute révi­sion de l’accord sur une décote limi­tée à 21%. Il a mar­te­lé : « Si on com­mence à rou­vrir cette boîte de Pan­dore, on va perdre beau­coup de temps… » [7]. Il y a donc une mésen­tente fran­co-alle­mande sur le sujet au niveau gou­ver­ne­men­tal [8] tan­dis que le front entre ban­quiers tient bon pour le moment. La crise de l’UE et de la zone euro se réper­cute aus­si direc­te­ment dans les ins­ti­tu­tions : Jür­gen Stark, l’administrateur alle­mand de la BCE, a démis­sion­né avec fra­cas en sep­tembre 2011 et a expri­mé publi­que­ment son désac­cord avec la poli­tique sui­vie par l’institution sous la conduite de Jean-Claude Tri­chet. Il a dénon­cé le rachat par la BCE des titres grecs, ita­liens…

De son côté, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique campe sur des posi­tions auto­nomes. Trop heu­reux de ne pas être entré dans la zone euro, il peut jouer sur le taux de change de la livre ster­ling. Alors que la dette publique de la Grande Bre­tagne est bien plus éle­vée que celle de l’Espagne, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique, grâce à la livre ster­ling, dis­pose d’une marge de manœuvre beau­coup plus impor­tante que le gou­ver­ne­ment espa­gnol. Le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique s’oppose par ailleurs à la majo­ri­té de ses col­lègues euro­péens en ce qui concerne la pro­po­si­tion d’une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières. Si elle voit le jour, il est pro­bable qu’elle ne sera appli­quée que par les Etats membres de la zone euro [9]. La résis­tance du gou­ver­ne­ment bri­tan­nique ne s’arrête pas là : il envi­sage sérieu­se­ment de por­ter plainte contre la BCE pour entrave à la libre cir­cu­la­tion des capi­taux ! En effet, la BCE veut que les entre­prises finan­cières par les­quelles passent d’importantes tran­sac­tions en euro (notam­ment sur les pro­duits déri­vés comme les CDS) soient domi­ci­liées dans la zone euro, ce qui va à l’encontre des inté­rêts du para­dis fis­cal qu’est la City de Londres [10].

Du côté des gou­ver­ne­ments des pays membres de la zone euro, cer­tains comme les Slo­vaques et les Fin­nois ont mani­fes­té leurs doutes concer­nant les déci­sions du 21 juillet, ce qui fait pla­ner un cli­mat d’incertitude quant à la rati­fi­ca­tion de l’accord par leur par­le­ment.

La crise de la dette dans la zone euro a fait en juillet 2011 une nou­velle vic­time dont la grande presse inter­na­tio­nale et les diri­geants de l’UE ont très peu par­lé. Il s’agit de Chypre dont les banques sont tou­chées direc­te­ment par la crise grecque. Une rai­son majeure du silence autour de Chypre, c’est que le gou­ver­ne­ment de ce pays échau­dé par les poli­tiques d’austérité impo­sées à la Grèce, à l’Irlande et au Por­tu­gal essaye de se pas­ser de l’aide de la Troï­ka (Com­mis­sion euro­péenne, BCE et FMI) et est en négo­cia­tion avec la Rus­sie pour un prêt de 2 mil­liards d’euros. Le gou­ver­ne­ment ita­lien cherche d’ailleurs lui aus­si à évi­ter de pas­ser sous les Fourches cau­dines de la Troï­ka : les auto­ri­tés de Rome font la cour à la Chine pour qu’elle aug­mente ses achats de titres ita­liens.

L’expérience de 2007 – 2008 n’a abso­lu­ment pas ame­né les gou­ver­ne­ments à impo­ser des règles pru­den­tielles strictes. Au contraire, il s’agit de prendre des mesures pour empê­cher les ins­ti­tu­tions finan­cières, banques, assu­rances, fonds de pen­sion et autres hedge funds de conti­nuer à nuire. Il est néces­saire de tra­duire en jus­tice les auto­ri­tés publiques et les patrons d’entreprises res­pon­sables directs ou com­plices actifs des débâcles bour­sières et ban­caires. Dans l’intérêt de l’écrasante majo­ri­té de la popu­la­tion, il est urgent d’exproprier les banques et de les mettre au ser­vice du bien com­mun en les natio­na­li­sant et en les pla­çant sous le contrôle des tra­vailleurs et des citoyens. Non seule­ment il faut se refu­ser à une quel­conque indem­ni­sa­tion des grands action­naires, mais il convient en outre de récu­pé­rer sur leur patri­moine glo­bal le coût de l’assainissement du sys­tème finan­cier. Il s’agit éga­le­ment de répu­dier les créances illé­gi­times que les banques pri­vées réclament aux pou­voirs publics. Il faut bien sûr adop­ter une série de mesures com­plé­men­taires : contrôle des mou­ve­ments de capi­taux, inter­dic­tion de la spé­cu­la­tion, inter­dic­tion des tran­sac­tions avec les para­dis fis­caux et judi­ciaires, mise en place d’une fis­ca­li­té qui a pour objec­tif l’établissement de la jus­tice sociale…

Dans le cas de l’Union euro­péenne, il convient d’abroger dif­fé­rents trai­tés dont ceux de Maas­tricht et de Lis­bonne. Il faut aus­si modi­fier radi­ca­le­ment les sta­tuts de la Banque cen­trale euro­péenne. Alors que la crise n’a pas encore atteint son apo­gée, il est grand temps de prendre un tour­nant radi­cal afin de don­ner une issue anti­ca­pi­ta­liste aux convul­sions ban­caires et bour­sières.

Eric Tous­saint

Notes

[1] Bien sûr, la crise de la dette publique est très grave et néces­site des solu­tions radi­cales mais il est impor­tant d’insister sur la crise des banques pri­vées qui n’est pas le résul­tat de la crise de la dette publique des Etats. C’est le contraire qui est lar­ge­ment vrai.

[2] Dexia en faill­lite début octobre 2008 a été ren­flouée par l’action conjointe des gou­ver­ne­ments fran­çais, luxem­bour­geois et belge. Ce sau­ve­tage coû­teux pour les Etats et les col­lec­ti­vi­tés locales a lais­sé intacte la struc­ture de direc­tion et le fonc­tion­ne­ment de cette banque pri­va­ti­sée au cours des années 1990.

[3] http://www.lepoint.fr/economie/banque-siemens-a-retire-500-millions-d-euros-de-la-societe-generale-20 – 09-2011 – 1375288_28.php

[4] Voir le Finan­cial Times « Cen­tral banks walk a mone­ta­ry tigh­trope », 23 sep­tembre 2011, voir aus­si dans la même édi­tion : « Ita­ly : Fight for cre­di­bi­li­ty conti­nues ». Le mon­tant total des rachats effec­tués par la BCE entre mai 2010, date du début des rachats de titres grecs sur le mar­ché secon­daire, et le 12 sep­tembre 2011 s’élève à 143 mil­liards d’€. En mai 2010 et mars 2011, la BCE avait ache­té des titres grecs pour 66 mil­liards €. Ensuite, elle n’a, selon ses propres dires, plus ache­té de titres jusqu’au 8 août 2011. Voir à ce sujet : Eric Tous­saint « La BCE, fidèle ser­vi­teur des inté­rêts pri­vés » http://www.cadtm.org/La-BCE-fidele-serviteur-des

[5] En sep­tembre 2011, près de la moi­tié de la dette publique de l’eurozone (qui tota­lise 6500 mil­liards €) est pas­sée dans la caté­go­rie à risque éle­vé. La nou­veau­té c’est que la dette publique de la Bel­gique est doré­na­vant consi­dé­rée par les mar­chés finan­ciers comme à risque éle­vé. La dette publique belge repré­sente 5% de la dette publique de l’eurozone, la Grèce repré­sente 4%, le Por­tu­gal 2%, l’Irlande 1%, l’Espagne 9% et l’Italie… 26% ! (Voir Mar­tin Wolf, « Fear and loa­thing in the euro­zone », Finan­cial Times, 28 sep­tembre 2011).

[6] Finan­cial Times, « Cen­tral banks walk a mone­ta­ry tigh­trope », 23 sep­tembre 2011. Un des gros défauts de la poli­tique de la Fed est d’avoir ache­té aux ins­ti­tu­tions finan­cières pri­vées des actifs toxiques (liés au mar­ché des sub­prime) pour un mon­tant de 1250 mil­liards de dol­lars et d’avoir prê­té des mon­tants astro­no­miques à ces mêmes ins­ti­tu­tions afin de les main­te­nir à flot alors que l’Etat aurait dû les expro­prier.

[7] Voir le Finan­cial Times, « IMF/World Bank mee­tings : Debt talks fail to agree solu­tion », 26 sep­tembre 2011.

[8] Voir le Finan­cial Times, « Splits over Greek bail-out », 28 sep­tembre 2011.

[9] Ce qui repré­sente néan­moins une masse cri­tique suf­fi­sante. Le défaut de cette taxe est sa timi­di­té.

[10] Voir le Finan­cial Times, 14 sep­tembre 2011.