Pérou : Le triomphe de Ollanta Humala, une bouffée d’air pur

Opter pour le changement est le plus sensé, car au moins cela ouvre une porte à l’espérance

Par Juan Mar­re­ro, Cuba­de­bate

lun­di 6 juin 2011

Image_4-34.png Un nou­veau pas dans l’éveil de l’Amérique Latine a eu lieu au Pérou, le peuple ayant déci­dé d’élire le can­di­dat de l’option « Gana Perú », Ollan­ta Huma­la, atta­qué et calom­nié sans pitié pen­dant de nom­breux mois avant les élec­tions avec les armes les plus troubles de la pro­pa­gande par les forces de l’Empire, l’oligarchie, et la mafia péru­viennes, sans oublier le pou­voir poli­tique, média­tique et finan­cier déployé pour empê­cher sa vic­toire dans les urnes.

A un mois des élec­tions, un article de Cuba­de­bate inti­tu­lé « Pérou : élec­tions pré­si­den­tielles à l’heure cru­ciale”, nous écri­vions :

“Opter pour le chan­ge­ment est le plus sen­sé, car au moins cela ouvre une porte à l’espérance ; l’autre consiste à reve­nir au pas­sé et à res­ter ancré dans le fuji­mo­risme et le néo­li­bé­ra­lisme, où les riches conti­nue­ront à amas­ser des richesses, mal ou bien acquises, et les pauvres seront pauvres et misé­rables”.

La vic­toire de Huma­la est une bouf­fée d’air pur pour le peuple péru­vien qui dans les der­nières décen­nies n’a connu que des gou­ver­ne­ments dociles à Washing­ton, fai­sant cadeau des richesses natio­nales à des inté­rêts étran­gers, impo­sant la cor­rup­tion.

Huma­la signi­fie un espoir parce que depuis que le com­man­dant indi­gène est entré dans le pay­sage poli­tique du Pérou il a mon­tré une sen­si­bi­li­té pro­fonde pour les besoins, aspi­ra­tions et pré­oc­cu­pa­tions de la popu­la­tion la plus mal­trai­tée de ce pays andin : les pauvres, les indiens, les pay­sans, les ouvriers, et les femmes au foyer. Il faut croire dans la pos­si­bi­li­té qu’à par­tir du 28 juillet, quand le nou­veau gou­ver­ne­ment pren­dra ses fonc­tions au palais de Pizar­ro, l’empire de l’injustice régnant au Pérou depuis des temps très anciens, puisse connaître le début de la fin.

Non pas que nous pen­sions que la vic­toire de Huma­la ouvre les portes d’un coup à un pro­ces­sus révo­lu­tion­naire pro­fond et radi­cal au Pérou. Il faut res­ter très objec­tif et n’avancer qu’en fonc­tion de la réa­li­té. Dans les cir­cons­tances actuelles et si nous pre­nons en compte les cir­cons­tances et les modi­fi­ca­tions appor­tées au pro­gramme élec­to­ral de « Gana Perú », les alliances et les enga­ge­ments poli­tiques concer­tés, au Pérou il y aura beau­coup de chan­ge­ments dans de nom­breux ordres et à de nom­breux niveaux mais sans bru­ta­li­té. Huma­la lui-même l’a affir­mé dans ses dis­cours de la cam­pagne du second tour.

La vic­toire a déjà signi­fié en soi un chan­ge­ment. On a por­té un coup à la cor­rup­tion. Parce que si Kei­ko Fuji­mo­ri avait obte­nu la majo­ri­té, ce qui atten­dait le Pérou était le retour aux années de pillage et de vol à visage décou­vert.

Huma­la a pro­mis de mieux dis­tri­buer les immenses richesses du pays, qui se trouvent dans les gise­ments d’argent, de cuivre, de zinc, d’étain et d’or. Il a aus­si pro­mis d’éviter la dépré­da­tion et le pillage des res­sources. Il lui fau­dra en tout cas oeu­vrer en ce sens pour mettre fin à la pau­vre­té, à la misère, à l’analphabétisme, l’insalubrité à laquelle reste sou­mise la majo­ri­té sociale du Pérou.

Le Pérou dis­po­se­ra un gou­ver­ne­ment qui s’identifie aux les inté­rêts des masses pauvres, par­mi les­quels les indi­gènes. Il devien­dra ain­si le troi­sième pays qui fit par­tie de l’empire Inca à élire des gou­ver­ne­ments popu­laires et dési­reux d’agir en faveur des plus pauvres. Evo Morales, en Boli­vie, et Rafael Cor­rea, en Equa­teur, son les deux autres.

Les défis sont nom­breux parce que ceux qui ont pillé et exploi­té les richesses natio­nales ne veulent perdre ni leurs pri­vi­lèges ni leur hégé­mo­nie.

Mais les peuples de l ’Amé­rique Latine conti­nuent à s’éveiller… Ils l’expriment dans les urnes et le moment venu pour­ront aus­si le faire depuis les places des grandes villes, comme ils le font aujourd’hui en Espagne, en France ou en Grèce pour reje­ter tous ceux qui n’ont d’autre solu­tion à offrir que le néo­li­bé­ra­lisme et la démo­cra­tie bour­geoise.

Tra­duc­tion : Thier­ry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

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Source->http://www.cubadebate.cu/opinion/2011/06/06/el-triunfo-de-ollanta-humala-una-bocanada-de-aire-limpio/]