ZIN TV porte plainte

Protégé par ses collègues, le policier a pris le temps de vérifier et d’effacer toutes les images… durant ce laps de temps, il s’est transformé en un délinquant.

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Suite à l’arrestation de notre équipe de tour­nage et la des­truc­tion à pos­té­rio­ri des images tour­nées par notre came­ra­man lors des mobi­li­sa­tions contre le Trai­té trans­at­lan­tique le 15 octobre 2015, ZIN TV a déci­dé de por­ter plainte au comi­té P et au Pro­cu­reur du Roi.

En effet, bien que Tho­mas et Maxime se soient iden­ti­fiés en tant que repor­ters de ZIN TV les poli­ciers ont jugé néces­saire de les menot­ter à l’aide de col­sons en plas­tique, de les fixer au sol durant une bonne heure et sous la pluie, de les ame­ner aux casernes d’Et­ter­beek, de les fouiller… Puis, plus tard en soi­rée, dépo­sés à Porte de Hal, lorsque Tho­mas reprend le fil de son repor­tage pour fil­mer la des­cente du bus des cama­rades arrê­tés, un poli­cier lui sai­sit la camé­ra dans le but expli­cite d’ef­fa­cer son conte­nu, sous les pro­tes­ta­tions et conseils d’un étu­diant en droit qui tente vai­ne­ment de le faire reve­nir à la rai­son en lui expli­quant qu’il est en train de vio­ler un droit fon­da­men­tal : la liber­té d’expression, la liber­té de presse.

Pro­té­gé par ses col­lègues, le poli­cier a pris le temps de véri­fier et d’effacer toutes les images… durant ce laps de temps, le poli­cier s’est trans­for­mé en un délin­quant.

ZIN TV est une télé­vi­sion de par­ti­ci­pa­tion citoyenne, recon­nue par la Fédé­ra­tion Wal­lo­nie Bruxelles comme orga­ni­sa­tion d’éducation per­ma­nente et sou­te­nue à des mul­tiples reprises par le centre d’égalité des chances. ZIN TV est éga­le­ment recon­nue par les asso­cia­tions de quar­tier, les orga­ni­sa­tions popu­laires et les mou­ve­ments sociaux car leurs membres par­ti­cipent à nos ate­liers où ils y apprennent les ficelles du métier et la déon­to­lo­gie du jour­na­lisme ain­si que la créa­ti­vi­té du ciné­ma. C’est ain­si que depuis six ans, ZIN TV est deve­nu une réfé­rence impor­tante pour des citoyens qui se recon­naissent dans ce reflet de miroir qu’elle met en place. Dans ce petit écran, ils y découvrent leurs conci­toyens tra­vaillant ensemble à la recherche de solu­tions. Dans les cou­lisses de ZIN TV, on croise des per­sonnes moti­vées, pas­sion­nées, res­pec­tueuses des opi­nions d’autrui et sur­tout, qui ont des choses à dire. Un espace d’échange col­lec­tif et d’action concrète.

Le jeu­di 15 octobre, nous nous sommes réunis comme le font toutes les rédac­tions des médias dans le monde, puis sommes allés sur le ter­rain, avons fait une ana­lyse et une syn­thèse sous la forme d’un film en vue de le dif­fu­ser. Détruire ce pro­ces­sus, nos tra­vaux, nos œuvres… c’est vou­loir inti­mi­der par la vio­lence tout citoyen à empoi­gner une camé­ra, c’est décou­ra­ger tout citoyen à témoi­gner de la réa­li­té et cela ne pré­sage rien de bon pour notre démo­cra­tie… il y a tout lieu de croire que les infrac­tions de la police conti­nue­ront tant que l’im­pu­ni­té régne­ra.

Nous comp­tons donc, aujourd’­hui défendre ce droit fon­da­men­tal par le dépôt d’une plainte en vue de per­mettre que jus­tice soit faite et qu’on nous laisse tra­vailler en paix. Nous nous enga­geons à pour­suivre le pro­jet de construc­tion de ZIN TV comme télé­vi­sion citoyenne, libre et indé­pen­dante mise au ser­vice du public. Pour que tout citoyen puisse prendre la camé­ra et fil­mer sans crainte les pro­blé­ma­tiques qui le concernent.

Bruxelles, mer­cre­di 28 octobre 2015