Chroniques grecques : « La conscience révolutionnaire en gestation »

Ce qui se passe en ce moment est le premier déclic qui en amènera encore et encore, jusqu’à devenir un élan irréversible.

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Il n’y aura pas eu de deuxième soir d’insurrection à Athènes, de nom­breuses petites mani­fes­ta­tions ont eu lieu dans la plu­part des villes, des attaques de banques, des occu­pa­tions d’hôtels de ville, des pro­cès en accé­lé­ré (on dénombre 70 arres­ta­tions au total), mais la capi­tale connaî­tra la ter­reur répres­sive : les migrants cour­sés dans les rues par les flics un peu par­tout, des arres­ta­tions sans aucun pré­texte, des per­qui­si­tions, un qua­drillage sévère autour d’Exarchia avec des coups de ten­sion (un bâti­ment a cra­mé sur la bor­dure pour les tenir en res­pect). La moindre ten­ta­tive de ras­sem­ble­ment a don­né lieu à des arres­ta­tions, tan­dis que la ville « panse ses plaies » comme aime à dire la démo­cra­tie bour­geoise : des bâti­ments fumaient encore en jour­née, avec plu­sieurs bri­gades de pom­piers qui par­ve­naient enfin à maî­tri­ser le « sinistre », et c’est le recy­clage des traces de com­bat. Quelques graf­fi­tis anar­chistes révo­lu­tion­naires effa­cés, les ruines de bâti­ments incen­diés déblayés et pro­té­gés par les flics, les banques défon­cées pro­té­gées éga­le­ment avec la construc­tion de nou­velles palis­sades en tôle pour les bâti­ments défi­ni­ti­ve­ment détruits (banques essen­tiel­le­ment), les entas­se­ments de maté­riaux de bar­ri­cades et des bouts de marbre-pavés dans des bennes, etc.

Les gens se pro­mènent : les bour­geois cachés apeu­rés dans leurs chambres toute la nuit sortent avec une vio­lente inso­lence sous la pro­tec­tion poli­cière à s’indigner en glous­sant avec quelques pho­tos des ruines des com­bats de la veille, des tou­ristes en quête de sen­sa­tion, et la misère qui reprend ses droits avec les toxi­cos à moi­tié morts par terre ou pour­sui­vis en groupes par des flics dans des courses-pour­suites au milieu de la cir­cu­la­tion, des rafles, et les affa­més qui meurent sur le trot­toir.

Les cen­trales syn­di­cales n’auront pas appe­lé à une nou­velle grève géné­rale ce lun­di. Évi­dence que la grève géné­rale de 48 heures devait com­men­cer aujourd’hui au len­de­main de la grande bataille que tous savaient avoir lieu ce dimanche, et non les ven­dre­di et same­di. Tra­hi­son. Et les gens qui étaient dans la rue hier soir en prennent conscience.

La conscience de classe. La conscience révo­lu­tion­naire. Qui germe, qui fer­mente, qui se for­ti­fie. Dans les com­mu­ni­qués, les tracts, les affiches, les slo­gans, sur le ter­rain. Voi­là la grande vic­toire de la nuit insur­rec­tion­nelle du 12 février.

Les gens se pro­mènent dans la ville en ruine, et par­mi eux des cama­rades com­bat­tants pru­dents et dégui­sés en citoyen qui jaugent la pré­sence poli­cière et, sur­tout, beau­coup des gens pré­sents dans les rues cette nuit. Le lan­gage des regards, ceux indi­gnés des bour­geois consom­ma­teurs, ceux eupho­riques et apeu­rés des tou­ristes, ceux durs et concen­trés des quelques cama­rades com­bat­tants, ceux enfin fiers et pétillants des gens qui ont goû­té au com­bat. Le sen­ti­ment col­lec­tif de mar­cher en ter­rain semi-conquis, en ter­rain de com­bat, avec des sou­rires face aux pom­piers et flics, avec la joie face aux banques éven­trées et les bou­tiques de luxe démo­lies, et la rage conte­nue face aux grands titres de jour­naux qui condamnent les « cas­seurs fous » et jus­ti­fient leur démo­cra­tisme répres­sif face à cela.

Une conscience révo­lu­tion­naire en ges­ta­tion. Voi­là ce qui se passe en ce moment à Athènes comme par­tout en Grèce. Avec les cama­rades com­bat­tants, nous sommes for­cés de res­ter en retrait aujourd’hui, d’être dis­per­sés et invi­sibles, enra­gés de ne conti­nuer direc­te­ment le com­bat, mais ce n’est pas pour autant un « petit matin » sui­vant tris­te­ment les faux « grands soirs ». Ce qui se passe en ce moment est le pre­mier déclic qui en amè­ne­ra encore et encore, jusqu’à deve­nir un élan irré­ver­sible. Les com­mu­ni­qués le montrent, les témoi­gnages, les dis­cus­sions, la force soli­daire d’une poi­gnée de main avec le ven­deur du kiosque à jour­naux ou les ven­deurs de maté­riel de jar­din (qui sont les pre­miers four­nis­seurs en masques à gaz), les petits com­mer­çants et les bar­man. Une com­pli­ci­té popu­laire qui se cherche et se trouve petit à petit. Le sou­rire en lisant que 68 flics sont à l’hôpital, gra­ve­ment bles­sés.

Fina­le­ment, à Athènes même, les seuls qui pour­ront défi­ler bruyam­ment dans les rues sans s’en inquié­ter sont les sta­li­niens. Dif­fé­rents cor­tèges de 500 stals défi­laient en lignes de petits sol­dats sans crainte d’une quel­conque répres­sion, avec leurs dra­peaux rouges, escor­tés par une simple esta­fette de flics pour la cir­cu­la­tion. Mais ils ne sont que 500, seuls, iso­lés, les gens détournent à peine le regard, ne les sou­tiennent pas.

La nuit insur­rec­tion­nelle du 12 février fut une étape déci­sive en cela, une grande vic­toire pour les anar­chistes révo­lu­tion­naires et une défaite cer­taine pour la « démo­cra­tie » bour­geoise et les sta­li­niens. Nous avions rapi­de­ment par­lé du peuple accla­mant et applau­dis­sant le cor­tège de com­bat­tants anar­chistes mon­tant en ren­forts sur la zone de front au Par­le­ment au tout début de la bataille, mais il est cru­cial de bien com­prendre ce que signi­fie cela. Et nous choi­sis­sons pour illus­trer cette phase déci­sive, peut être loin encore d’être géné­rale et consciente mais effec­ti­ve­ment en ges­ta­tion, de dif­fu­ser ce texte très impor­tant qui cir­cule sur Indy­me­dia Athens, écrit par un syn­di­ca­liste de Syri­za (gauche clas­sique) qui a pris le cou­rage de le rédi­ger avec rigueur et de le publier sur Indy­me­dia (les cama­rades l’ont d’ailleurs mis en une). Nous en pro­po­sons la meilleure tra­duc­tion pos­sible (voi­ci la ver­sion grecque) :

[À pré­ci­ser que la place Syn­tag­ma est la grande place cen­trale d’A­thènes devant le Par­le­ment et que le ras­sem­ble­ment devant ce der­nier était appe­lé par­tout et offi­ciel­le­ment à par­tir de 18h.]

LA PREMIÈRE GRANDE VICTOIRE DES ANARCHISTES ET LE PRISME DÉFORMANT DES MÉDIAS

Hier, c’était une défaite de la démo­cra­tie bour­geoise à bien des égards. Nous n’insisterons pas sur le fait que le gou­ver­ne­ment a nom­mé un ban­quier comme Pre­mier ministre sans être élu par le peuple. Ni que la par­tie qui l’a nom­mé Pre­mier ministre a déjà per­du sa majo­ri­té par­le­men­taire (le début d’une décla­ra­tion) et gou­verne encore.

Mais je ne peux pas fer­mer les yeux sur le fait que, dès le début de la pro­tes­ta­tion pan­dé­mie en mai der­nier, hier les gens ont choi­si comme leurs pro­tec­teurs non ceux qui leur demandent de payer pour cela et qui sont régle­men­tées par la loi, mais les anar­chistes. Ni en être sur­pris. Ne fer­mez pas vos yeux quand je vois et quand j’ai lu que ce qui res­tait du grand ras­sem­ble­ment d’hier et de la foule sont les cendres des bâti­ments et des banques.

Per­met­tez-moi être plus pré­cis. Hier après-midi, contrai­re­ment à toutes les dizaines de mani­fes­ta­tions et grèves géné­rales dans les 10 der­niers mois, tout le monde s’est ras­sem­blé à la place Syn­tag­ma deux heures avant l’appel. Alors que d’autres fois l’appel était à 17h et la plu­part venaient à par­tir de 18h, c’était le seul endroit à être bon­dé dès 17h seule­ment. À 17h pas son­née dans la place Syn­tag­ma ou dans les rues envi­ron­nantes, il y avait déjà quelques mil­liers de gens venant de Omo­nia et de l’Acropole et du monde s’amassait constam­ment à la place Omo­nia, et à la sta­tion de métro Monas­ti­ra­ki et l’Acropole (un autre signe clair est que le gou­ver­ne­ment crai­gnait la réac­tion des gens et je pen­sais déses­pé­ré­ment à l’accès dif­fi­cile pour les gens, que même s’ils avaient déjà fer­mé les sta­tions de métro Syn­tag­ma, Evan­ge­lis­mos Uni­ver­si­té et, sui­vant des ordres injus­ti­fiables ont fer­mé la sta­tion de métro Acro­pole et que l’accès deve­nait donc encore plus dif­fi­cile !).

Dès 17h donc, les choses étaient belles, paci­fiques et pour­rait-on dire que la démo­cra­tie est célé­brée dans toute sa splen­deur. Mais, tout à fait ouver­te­ment et sans pro­vo­ca­tion, les forces de répres­sion ont com­men­cé à lan­cer des pro­duits chi­miques dans la foule, sans dis­tinc­tion, afin de pro­vo­quer la dis­per­sion avant même que la mani­fes­ta­tion ait atteint le pic d’affluence. Il n’est pas un hasard que les per­ro­quets de la chaîne Sky ont rap­por­té que le monde ne va pas à Syn­tag­ma alors qu’il n’était pas encore 18h. La ten­ta­tive de ter­ro­ri­ser les médias élec­tro­niques et les jour­naux ont com­men­cé il y a deux jours avec assez de télé­vi­seur pour regar­der quelqu’un ou voir les gros titres dans les tri­bunes. Les jour­naux Gle­zos et Theo­do­ra­kis étaient seule­ment le nom de famille de ceux qui ont accep­té des exemples de pro­duits chi­miques, mais des mil­liers de gens savent com­ment par­ler de la sen­sa­tion d’étouffement mieux que tout le monde.

Et puis l’inattendu s’est pro­duit. Un groupe vêtu de noir, de l’Université a com­men­cé à crier des slo­gans et en poin­tant l’endroit où la police anti-émeute expul­sait par elle tout le monde. Les gens, de côté, se mirent à applau­dir, les gens criaient « bra­vo », « eux gamiste », « jusqu’à la vic­toire » et des trucs comme ça et on enten­dait les anar­chistes nous crier de « nous rejoindre ». En effet, lorsque le peuple entier vient pour applau­dir, vos stands de jour­naux ne peut être pour­sui­vis avec une vigueur renou­ve­lée depuis le début de ce que vous vou­liez faire. La même chose s’est pro­duite lorsque la police, après de nou­velles attaques de pro­duits chi­miques anti-émeute contre les gens crain­tifs, et que les gens tom­baient (et les témoins de la foule et d’ambulances ou de scoo­ters près des ambu­lances réunis sont ceux qui ont sur­vé­cu à l’attaque). Et le sum­mum de cette situa­tion s’est pas­sée quand l’incendie du Star­bucks a com­men­cé. Une salve d’applaudissements et des accla­ma­tions de Klath­mo­nos, la place de l’Université est rem­plie sans plus d’espace. Catas­trophes dans le monde des banques, pour ceux qui n’ont pas acti­ve­ment par­ti­ci­pé aux batailles, le bat­te­ment ryth­mé des places a fait assez de bruit pour qu’ils disent que 50 ou 40 mas­qués ont cas­sé le marbre et ont don­né les anar­chistes comme ceux qui étaient res­pon­sables de l’attaque fron­tale.

Et pas seule­ment cela. Une fois l’attaque com­men­cée sur les forces de répres­sion à 17h, jusqu’à ce que le slo­gan mono­po­li­sé d’ordinaire par les anar­chistes recouvrent les lèvres de mil­liers de mani­fes­tants, le fameux « flics, porcs, assas­sins » et pas des slo­gans clas­siques sur le mémo­ran­dum ou sur la poli­tique éco­no­mique. La colère du peuple pour trai­ter ceux qui allaient soi-disant les pro­té­ger a été débor­dante. Monas­ti­ra­ki son­nèrent les cloches, toutes les routes sor­tant de l’Acropole, Athènes, la place Omo­nia, l’Académie et de Syn­tag­ma était pleine de gens qui refu­saient de quit­ter les lieux. D’où en essayant de mon­ter de Monas­ti­ra­ki à Syn­tag­ma, vous trou­ve­rez des groupes de façade à l’émeute qui ont su évi­ter le pre­mier coup de pul­vé­ri­sa­teur indif­fé­rem­ment uti­li­sé du gaz lacry­mo­gène et des gre­nades flash-bang. Pério­di­que­ment, la police a atta­qué les citoyens, puis un nou­veau départ de la foule, pro­té­gée par les jets de pierres.

Le soir, 23h, plu­sieurs mil­liers de per­sonnes étaient encore sur la route. A Ama­lia, au moins 10 000 per­sonnes lais­sées sur le che­min de l’avenue quand elle a été contrainte à l’abandon, à nou­veau à coups d’attaques chi­miques impor­tantes lais­sant peine à sur­vivre. Sur la place il y avait encore des gens. Dans le Monas­ti­ra­ki, les Jupi­ter-Del­ta ont bri­sé des fenêtres avant de battre la foule. Il y a des vidéos qui affirment et montrent com­ment ils ont essayé (une fois de plus) à frap­per les gens avec leurs machines.

L’aberration incroyable pour la démo­cra­tie, cepen­dant, c’est que les gens se tournent main­te­nant vers les anar­chistes pour se pro­té­ger. En effet, la grande majo­ri­té des gens ne veulent pas et n’ont pas par­ti­ci­pé à la vio­lence, mais ils acceptent cette vio­lence, car elle les pro­tège. Ce qui montre la pre­mière grande vic­toire des anar­chistes et de leur atti­tude. Leur prin­ci­pal argu­ment était que par des moyens paci­fiques nous ne pou­vons pas faire quelque chose et que nous devons cher­cher une col­li­sion fron­tale. Et le slo­gan « pour foutre le bor­del » ne sont pas des anar­chistes. Après des dizaines de mani­fes­ta­tions paci­fiques, après l’attitude de la non-vio­lence et, bien qu’ils savaient que les gens acceptent les pro­duits chi­miques, conti­nuent à sor­tir dans les rues, mais ne se sentent pas capable de gagner dans la répu­blique. L’opinion est indif­fé­rente aux machi­na­tions de l’élite poli­tique et éco­no­mique qui écrit sur les vieilles chaus­sures jour­na­lis­tiques. Aucun poli­ti­cien n’est puni, aucun inci­dent de vio­lence poli­cière n’est puni et même les com­plices du tueur de Alexis Gri­go­ro­pou­los sont déjà hors de pri­son. La pour­suite dépo­sée par plus de 100 per­sonnes sur le week-end du 28 – 29 juin chi­mique n’a pas encore trou­vé son che­min vers la salle d’audience et per­sonne ne se donne jamais de tenir compte des bles­sures des citoyens inno­cents qui pro­tes­taient paci­fi­que­ment. Le peuple n’a plus foi dans les ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques parce qu’ils se sentent moqués. Ils ont convo­qué des élec­tions afin de faire co-déci­sion, en deman­dant de ne pas voter sur le pro­to­cole et le vote avec une majo­ri­té accrue au Par­le­ment du corps que vous ne pou­vez pas être réélu et ne repré­sente pas tout le monde (sauf peut-être les membres de la gauche et le Laos).

Et voi­ci venir la res­pon­sa­bi­li­té et le sale rôle joué par les PAME depuis le début de cette his­toire de deux ans et demi de pro­to­coles. (Qui, selon les anar­chistes, est éga­le­ment confir­mé ici, et arrive tout le temps) : toute la nuit der­nière cen­trée sur le van­da­lisme et les incen­dies. Dis­traire le monde de la ques­tion prin­ci­pale fait du vote une mons­truo­si­té contraire à la Consti­tu­tion (non je dis ce que cinq pro­fes­seurs d’université disent). Ils assument le rôle de la ter­reur pour la « der­nière » chance de sau­ver le pays, une fois de plus. Confondre déli­bé­ré­ment la valeur par défaut, qui peut faire tom­ber la Grèce à la faillite. Connec­tez-vous à la sor­tie par défaut de la zone euro, des choses que même les Varou­fa­kis (et pas un éco­no­miste de gauche) condamnent comme irréa­listes et faux. Et en signe de grande pro­tes­ta­tion hier, ne pas diri­ger les camé­ras vers le peuple par­mi les mil­liers de per­sonnes qui s’étaient répan­dues dans la ville, mais à tra­vers les bâti­ments incen­diés.

Il y eut beau­coup de dis­cus­sions sur les bâti­ments de tous les cris kyrat­sa refroi­dis­seur. Les mêmes canaux ont blâ­mé lamo­gia tant que citoyens et membres de la socié­té ont man­gé ensemble, et ils savent très bien que dès le début (un début comme celui-ci), per­sonne n’a rien à foutre de l’architecture et de l’urbanisme de la ville (comme en témoigne la construc­tion mons­trueuse à Athènes et la fer­me­ture arbi­traire des espaces semi-ouvert), invitent les gens à dire « non » aux actes de van­da­lisme des bâti­ments his­to­riques. Les mêmes canaux avec les jour­na­listes incultes de la Pla­ka [zone his­to­rique et vieille ville] ou les dimo­sio­gra­fis­kous Sopho­mo­ric ont dû être gui­dés pour décou­vrir des bâti­ments his­to­riques aban­don­nés, seule­ment sinon quand ils sont habi­tés par des immi­grants et autre « source de conta­mi­na­tion », et dans le reste du temps à faire moko pour faire leur tra­vail dans le lamo­gia réel suc­ces­sion. À Athènes et autour de la Grèce, des mil­liers de bâti­ments appar­te­nant au gou­ver­ne­ment, aux banques et dévas­tés de l’Église, et beau­coup d’entre eux sont d’une grande valeur archi­tec­tu­rale. Il est temps de dizaines que les pro­prié­taires eux-mêmes sont détruits len­te­ment afin de ne pas deve­nir cotées et être en mesure de construire un bâti­ment. Le dédain des moyens sou­ter­rains et bien­tôt atteint au point d’être à moi­tié détruits (len­te­ment), tous dôté dan­ge­reux et démo­li, puis sou­le­vez-blocs.

Des villes entières telles que Patras et d’autres villes démo­lies durant la nuit pen­dant la junte et Kara­man­lis, divers clas­sique et inté­gré de grande hau­teur mons­truo­si­té. Les édi­fices publics sont réa­li­sés avec des concours d’architecture et incom­plets évier avec d’autres la gout­tière d’abord construit (comme récem­ment la Tour Hôpi­tal) parce que quelqu’un kono­mise épais­seur de la vente de la terre ou parce qu’il y avait des actions de sou­tien appro­priées. Les routes sont de nou­veaux en miettes. Pro­jets olym­piques qui coûtent une for­tune encore mépri­sée à être ven­dus pour une bou­chée de pain sur leur propre terre. Une socié­té qui ignore com­plè­te­ment l’espace bâti découvre main­te­nant que les anar­chistes détruisent des « bâti­ments his­to­riques ». Et tout cela enfon­ça dans l’obscurité le fait que des cen­taines de mil­liers de per­sonnes dans la misère ont dit NON aux diri­geants et les bien-nour­ris.

Pour moi, les fau­teurs de troubles ne sont pas les anar­chistes ni même le pro­blème. Les plus grands fau­teurs de troubles sont les médias et la len­tille défor­mante. S’ils vou­laient se concen­trer sur la sub­stance il le ferait, ce serait d’augmenter immé­dia­te­ment les images des attaques des forces de répres­sion. Le ciel serait plein d’hélicoptères qu’ils ne vous mon­tre­raient pas les hordes de gens qui luttent, pour fto­cho­poii­thoun de ne pas satis­faire le sou­hait de la grande entre­prise qui seront les seuls gagnants de la des­cente des salaires.

La dis­tor­sion de la réa­li­té, le seul éclai­rage dans les bâti­ments incen­diés, les com­men­taires sclé­ro­sés et la honte du bon sens dans les stu­dios de télé­vi­sion sont la norme. Il occupent actuel­le­ment les médias par des hommes d’affaires peu scru­pu­leux et des poli­ti­ciens, ou vice ver­sa, ce qui rend leur véri­té à eux. L’attaque sur les salaires des pauvres est pour eux l’occasion de pro­fits insen­sés. Et ils vont jouer toutes leurs cartes afin de ne pas perdre. Et les gens qui sont sen­sibles aux bâti­ments his­to­riques seront assis sur leur cana­pé et devant leur ordi­na­teur alors que les anar­chistes mau­dits sont ceux qui ont encore une âme et celle de résis­ter.

La dif­fé­rence est que qui­conque voit les évé­ne­ments à la télé­vi­sion, ne sait plus les faits réels. Il vit dans une réa­li­té vir­tuelle. Celui qui n’a pas été pour­sui­vi par un flic et n’a pas été sau­vé par un anar­chiste qui a jeté une pierre, ne sait pas ce qu’est un flic. Celui qui ne se relève pas d’une attaque de pro­duits chi­miques et n’a pas été secou­ru par des vête­ments noirs révo­lu­tion­naires recou­verts de malox (même trom­pé ou stu­pide si vous vou­lez) ne sait pas ce que cela signi­fie la soli­da­ri­té. Les anar­chistes dans la soli­da­ri­té et les réseaux de sou­tien sont ceux qui se pré­parent pour les jours de la faillite, ce qui sera fait avant d’avoir déci­dé que de leurs propres inté­rêts. Ils font de l’auto-organisation des col­lec­tifs et des réseaux de sou­tien leur arme. Vous aurez sim­ple­ment à regar­der l’écran et secouer votre doigt et vous croyez res­sen­tir la faim de Olga qui tremble quand ils disent que les anar­chistes, les gau­chistes blêmes, SYRIZA, la « colère », l’âne volant, ne sont pas tous ceux d’entre eux qui vont vous voler quatre décen­nies de vie.

Mon cher, allez sur la route pour voir la réa­li­té, fer­mez les télé­vi­seurs et goû­tez aux lacry­mo­gènes. Recher­chez une infor­ma­tion alter­na­tive avec les médias indé­pen­dants et les publi­ca­tions sur Inter­net et pen­sez un peu au-delà à la fois de l’ »évident ». Ensuite, vous pour­rez peut-être faire pres­sion sur leurs diri­geants afin de créer un minis­tère pour pro­té­ger le citoyen et non pas une pâle imi­ta­tion d’une démo­cra­tie chan­ce­lante, est réel et vos repré­sen­tants.

Alors peut-être vous avez rai­son de vous en remettre aux anar­chistes, mais pas main­te­nant.

P.-S. 1 : Je ne suis ni un anar­chiste, ni « anar­chiste », je n’ai jamais jeté de pierre. Mais les gens qui les mettent direc­te­ment comme mes enne­mis sont ceux qui pro­tègent ceux qui veulent tra­vailler comme esclave et d’être payé comme un esclave et dés­in­for­mer les gens que j’aime les trans­for­mer en TV-niais et pas raciste dans cette course, même tem­po­rai­re­ment, est le plus proche et chaque calé mon chaque elli­na­ra. Et oui, je suis déso­lé pour les bâti­ments qui ont été per­dus, qui a cou­ru dans l’architecture des confé­rences long­temps avant décou­vert le nom de l’trembler Ziller, mais je ne suis pas déso­lé de sacri­fier l’Acropole plu­tôt que la vie de toute la digni­té humaine. Ces bâti­ments, avec de l’argent, seront recons­truits en six mois. Tan­dis que les vies de mil­lions de per­sonnes pren­dront des années et des années à se recons­truire.

P.-S. 2 : le PAME, et par la suite le Par­ti com­mu­niste, hier, a per­du une belle occa­sion de démon­trer sa capa­ci­té à mener la bataille contre le pou­voir capi­ta­liste de la plou­to­cra­tie qui se plaint sans cesse. Alors il a dit qu’il attein­drait la Chambre en aucune façon, juste au vu des dif­fi­cul­tés et rejoint l’arrière avec larmes (bien que le peuple était allé du côté de l’Université) et même l’ordre très coor­don­né chez eux de recu­ler a pro­vo­qué une pirouette que même l’armée grecque envie. Ils raillent ceux qui étaient dans l’avant-garde alors qu’ils recu­laient avant même de com­men­cer à défi­ler.

P.-S. 3 : À ceux qui se rap­pellent sou­dain que des emplois sont per­dus à par­tir des maga­sins brû­lés, vous oubliez que tous les mois des dizaines de mil­liers d’emplois sont per­dus et que le chô­mage a dépas­sé le mil­lion pen­dant ces der­niers mois.

Mar­di 14 février 2012, par jura­lib

Source de l’ar­ticle : des nou­velles du front