Daniel Mermet veut relancer « Là-bas si j’y suis » sur Internet en janvier 2015

le nouveau « Là-bas si j’y suis » est un site Internet prévu pour le 21 janvier 2015, ce sera un site payant, avec quelques contenus gratuits.

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par Franz Peul­tier, le 28 août 2014

ACRIMED

« Là-bas si j’y suis » est désor­mais un pro­jet de site inter­net. Après sa sup­pres­sion arbi­traire de France Inter en juin (article d’Acrimed), sans la moindre espèce de débat et au nom d’arguments fal­la­cieux, l’émission de Daniel Mer­met compte revivre, à l’image de ce qu’a fait Daniel Schnei­der­mann avec Arrêt sur images, de manière auto­nome.

Daniel Mer­met l’a annon­cé lui-même, lors d’une confé­rence de presse orga­ni­sée mer­cre­di 27 août 2014 à deux pas de la Mai­son de la radio, juste après la confé­rence de ren­trée du groupe public : le nou­veau « Là-bas si j’y suis » est un site Inter­net pré­vu pour le 21 jan­vier 2015, avec comme fer de lance une mati­nale, dans la lignée de l’émission bien enten­du. Le 7/9 neuf, cela sera son nom, sera dif­fu­sé chaque matin, aux horaires indi­qués dans son titre, à la même heure que les autres mati­nales. « On n’est pas alter­na­tifs, c’est eux qui vont deve­nir alter­na­tifs », pro­met Daniel Mer­met à pro­pos des radios géné­ra­listes, en pro­met­tant éga­le­ment des repor­tages vidéos et des inter­views pla­teaux (par exemple avec Fré­dé­ric Lor­don).

Daniel Mer­met a un exemple en tête : celui de Daniel Schnei­der­mann, qui était d’ailleurs pré­sent hier et a publi­que­ment appor­té son sou­tien à son pro­jet. Comme lui, Daniel Mer­met était à la tête d’une émis­sion de ser­vice public sup­pri­mée sans rai­son, et comme lui il a reçu un fort sou­tien de ses audi­teurs, via des péti­tions. Et donc, à l’image d’@rrêt sur images, « Là-bas si j’y suis » sera un site payant, avec quelques conte­nus gra­tuits. « On essaie­ra de se limi­ter aux abon­ne­ments », dit Daniel Mer­met, qui n’a pas encore fixé le tarif (a prio­ri entre les 3 € d’ASI et les 9 € de Media­part).

La pre­mière cam­pagne d’abonnements du nou­veau « Là-bas si j’y suis » sera lan­cée le same­di 13 sep­tembre à la Fête de l’Humanité.

Franz Peul­tier

Pour rap­pel : Appel à la mobi­li­sa­tion des audi­teurs de l’émission radio “Là-bas si j’y suis”


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J’y suis, j’y reste : ça s’organise !

Par Fran­çois Ruf­fin, 11/07/2014

Radio France, on l’a déjà bous­cu­lée. Un lec­teur-audi­teur se sou­vient com­ment, en 2000, la Mai­son Ronde avait fina­le­ment renon­cé à fer­mer les antennes FIP devant la mobi­li­sa­tion.

Pen­dant l’été, Fakir et les Repaires pré­parent d’ores et déjà la riposte.

Après la sup­pres­sion de Là-bas si j’y suis sur France Inter, on ne va pas en res­ter à une indi­gna­tion face­book, à une péti­tion signée en ligne, à des pro­messes de « boy­cott », etc. Il s’agit, pour Fakir, de pré­pa­rer une riposte dans la durée, et on va pro­fi­ter de la pause esti­vale pour son­der les cœurs, et accou­cher d’une ini­tia­tive ras­sem­bleuse à la ren­trée. Car on peut gagner, les chances existent : bien des lut­teurs, dans les boîtes, aime­raient démar­rer la bataille avec un pareil rap­port de forces, avec le réseau des Repaires déjà exis­tant, avec des mil­liers d’auditeurs sym­pa­thi­sants, mais aus­si avec des assos, des intel­los, des syn­di­cats, des par­tis prêts à sou­te­nir cette lutte ! On n’a pas, durant vingt-cinq ans à Là-bas, depuis quinze ans à Fakir, fait l’éloge des syn­di­ca­listes chez Conti, chez Goo­dyear, chez Fra­lib, à La Poste, chez Late­lec, en Tuni­sie, en Boli­vie, etc., pour bais­ser les bras avant même d’avoir levé le poing !

Et on est pas tout seul. Same­di 5 juillet, à Aix-en-Pro­vence, à l’occasion des Ren­contres Décon­no­miques, s’est tenu un genre d’assemblée géné­rale, en pré­sence de Serge Hali­mi, Gérard Mor­dillat, Daniel Mer­met, Renaud Lam­bert, Auré­lien Ber­nier, etc. Devant trois cents per­sonnes, notre cama­rade Dany Bruet (des Repaires d’Aix et de Mar­seille) a accep­té la lourde charge de coor­don­ner cette bataille. Nous tra­vaille­rons bien sûr main dans la main, et bien­tôt en lien avec tous les audi­teurs et audi­trices de bonne volon­té. Un quatre pages « J’y suis, j’y reste » sera adres­sé le 15 août à tous nos abon­nés, dis­tri­bué aux uni­ver­si­tés d’été des par­tis de gauche, et peut bien sûr vous être envoyé (eric@fakirpresse.info). Seront ain­si posés des jalons pour la ren­trée.

Rien n’est jamais acquis, mais cette lutte, nous avons de grandes chances de l’emporter. Un lec­teur-audi­teur, Fran­çois Pec­queur, à Mar­seille, nous raconte com­ment, contre Radio France, ils ont sau­vé les antennes locales de FIP… alors même que eux par­taient de zéro :

À ceux qui dou­te­raient de notre capa­ci­té à faire bar­rage à cette déci­sion, je veux por­ter à leur connais­sance un point d’histoire récent (2000) où un autre juste com­bat fut mené contre Radio France et où la fronde popu­laire fut fina­le­ment vic­to­rieuse.
Ce com­bat, qui peut paraitre plus anec­do­tique, fut celui de la défense de FIP, la radio de toutes les musiques. À cha­cun d’y voir les simi­li­tudes et les ensei­gne­ments à en tirer.

En 1999, Lio­nel Jos­pin nomme Jean-Marie Cava­da pré­sident de la Mai­son Ronde. Au nom d’un pou­voir que nous ne lui avons jamais délé­gué, celui-ci décrète que les sept antennes émet­trices de FIP devront fer­mer, d’une part parce que FIP a été inven­té pour diver­tir les auto­mo­bi­listes pari­siens blo­qués sur les per­iph’ et qu’il n’y a pas de périph à Bor­deaux, Mar­seille, Nice, Lyon, Nantes, Lille et Stras­bourg (sic !), et d’autre part pour la fai­blesse rela­tive de l’audience de ces radios décen­tra­li­sées, pour­tant supé­rieure à celles de France Musique et France Culture.

Dès l’annonce de cette déci­sion, des col­lec­tifs sortent de terre dans cha­cune des villes concer­nées. Très vite, ces villes s’organisent autour d’une coor­di­na­tion natio­nale, que j’ai eu le pri­vi­lège d’animer.

En un an, ce col­lec­tif a mené une gué­rilla per­ma­nente, créa­tive et déter­mi­née. Une péti­tion a réuni plus de 100 000 signa­tures (sans l’aide d’internet encore bal­bu­tiant), assor­tie d’un comi­té de sou­tien incroyable : des ministres, des élus locaux, régio­naux et locaux, les acteurs cultu­rels, le show-biz, tout le monde répon­dait à l’appel. Des inter­ven­tions en ouver­ture de spec­tacles, des mani­fes­ta­tions de sou­tien (3 000 per­sonnes au LU de Nantes), des occu­pa­tions de locaux des antennes Radio-France locales avec prises d’antenne ont ryth­mé ce com­bat ras­sem­blant des audi­teurs de 10 à 90 ans, tous scan­da­li­sés.

Un des tour­nants fut la prise de posi­tion de la ministre de la culture, Cathe­rine Tas­ca, recon­nais­sant face à la presse la légi­ti­mi­té de ce com­bat, à l’occasion d’une visite à Nantes.
La preuve était faite. Mais à par­tir de ce jour, quatre annonces de fer­me­tures furent annon­cées, puis repous­sées sous la pres­sion que nous avons su créer. Fina­le­ment, les antennes furent fer­mées du jour au len­de­main, sans en infor­mer les per­son­nels sala­riés.
La bataille était per­due, du moins le croyions-nous.

Deux ans plus tard, Radio France pro­cé­dait non seule­ment à la réou­ver­ture des antennes fer­mées, mais réac­ti­vait des antennes FIP fer­mées dans d’autres villes depuis de nom­breuses années, vali­dant la jus­tesse de notre enga­ge­ment.
Du com­bat qui s’annonce aujourd’hui, on pour­ra rap­pro­cher du cas de FIP le refus d’une déci­sion arbi­traire, le refus de la néga­tion de la mis­sion de ser­vice public, le refus de l’arrogance de res­pon­sables qui n’ont pas man­dat à exer­cer aucune forme de cen­sure.

Conclu­sion : à la fin, c’est nous qu’on peut gagner (mais à condi­tion de se bou­ger le cul) !

Source de l’ar­ticle : FAKIR