Évènements qui n’en sont pas pour les médias dominants

Il y a quelques semaines, j’ai pris le temps d’écouter les voix du conseil communal du quartier où je vis. Une réflexion collective sur les hauts et les bas de la démocratie participative, sans filtre, sans propagande. Loin des médias.

« Ne plus por­ter de joug, ne plus être domi­nés »

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Une étu­diante en jour­na­lisme de l’IHECS (Bruxelles) qui rédige un mémoire sur le trai­te­ment du Vene­zue­la par l’AFP, m’a posé la ques­tion : « Y a‑t-il, selon vous, des évé­ne­ments qui ont été par­ti­cu­liè­re­ment mal trai­tés par la presse euro­péenne ? Si oui, les­quels ? ». J’ai dû lui dire la véri­té : un « évè­ne­ment » ici, cela peut être la créa­tion ou léga­li­sa­tion de nou­veaux médias asso­cia­tifs, les ini­tia­tives de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive en géné­ral, ou la créa­tion d’un vaste sys­tème de san­té gra­tuite. Or ces « évè­ne­ments » n’en sont pas pour les médias domi­nants.

Il y a quelques semaines, j’ai pris le temps d’écouter les voix du conseil com­mu­nal du quar­tier où je vis. Une réflexion col­lec­tive sur les hauts et les bas de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, sans filtre, sans pro­pa­gande. Loin des médias.

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Je m’appelle Nel­ly Gar­cia, je suis une des diri­geantes de la com­mu­nau­té Bel­lo Monte. Dès leur acqui­si­tion, ces ter­rains ont été des­ti­nés à l’enseignement agri­cole ; ils ont été divi­sés en lots et ven­dus pour être culti­vés par cer­taines per­sonnes qui en furent nom­mées res­pon­sables. C’est une com­mu­nau­té qui s’étend sur envi­ron 15 hec­tares et qui s’est agran­die par la suite. En 1984, nous nous sommes orga­ni­sés pour fon­der la pre­mière asso­cia­tion de quar­tier.

En 1989, nous n’étions encore que peu d’habitants, envi­ron une soixan­taine de familles. Mais déjà notre force rési­dait dans l’organisation, ce qui a conduit d’autres habi­tants à se joindre pro­gres­si­ve­ment à nous ; nous avons conçu de nou­veaux pro­jets et nous avons effec­tué les démarches auprès des orga­nismes com­pé­tents. Nous avons obte­nu de pou­voir construire des loge­ments à tra­vers l’INAVI (Ins­ti­tu­to NAcio­nal de la VIvien­da – Ins­ti­tut Natio­nal du Loge­ment), l’électrification, l’aménagement des trot­toirs, la construc­tion de puits, du réseau d’égouts, bref tous les tra­vaux d’assainissement et de via­bi­li­sa­tion ; tout cela s’est fait sur envi­ron 15 ans ce qui a per­mis l’enracinement et le ren­for­ce­ment de la com­mu­nau­té.

Depuis lors nous tra­vaillons avec les conseils com­mu­naux qui ont inté­gré la Mis­sion Robin­son (mis­sion d’alphabétisation); les habi­tants du quar­tier ont aus­si par­ti­ci­pé à la Mis­sion Rivas (mise à niveau uni­ver­si­taire), certes pas de manière directe mais dans des com­mu­nau­tés voi­sines.

Avec un groupe de per­sonnes arri­vées dans la com­mu­nau­té en 2010, nous avons concré­ti­sé un pro­jet de loge­ments éla­bo­ré par le pre­mier conseil com­mu­nal dont le finan­ce­ment avait été approu­vé en 2009 : rem­pla­ce­ment de 4 « ran­chos » (baraques) par des mai­sons décentes, réno­va­tion de 66 loge­ments et du ter­rain com­mu­nal mul­ti­sports, construc­tion d’une aire de jeux pour les enfants. Grâce à Dieu mais aus­si à la lutte coopé­ra­tive, nous avons obte­nu durant la pre­mière période du conseil com­mu­nal le déblo­cage de fonds pour la construc­tion d’une mai­son com­mu­nale ; fina­le­ment avec ces fonds on a opté pour l’achat d’une mai­son en cours de construc­tion. Les tra­vaux ne sont tou­jours pas ter­mi­nés, mais nous dis­po­sons ain­si d’un siège fixe pour toutes nos acti­vi­tés, fait rare dans les conseils com­mu­naux.

« Nous devons être capables d’appréhender les diver­gences afin de les sur­mon­ter avec sagesse et tolé­rance »

En tant que res­pon­sable de quar­tier, j’estime que nous ne pou­vons pas trans­for­mer nos fai­blesses en défaites ; tout au contraire, nous, les res­pon­sables nous devons nous concer­ter et voir ce que nous avons fait et où nous avons failli, et à par­tir de là en tirer les leçons et la force pour qu’à la pro­chaine occa­sion les choses s’améliorent. A nous de nous for­mer par le biais d’un appren­tis­sage quo­ti­dien, car chaque jour de lutte apporte des chan­ge­ments, il y a de nou­velles lois et de nou­velles struc­tures avec les­quels nous devons nous fami­lia­ri­ser. Je crois que nos fai­blesses viennent de notre manque de for­ma­tion. Notre for­ma­tion comme res­pon­sables com­mu­nau­taires ou poli­tiques doit se faire au jour le jour ; ce sont des expé­riences que nous devons par­ta­ger avec les autres et si nous n’avons pas la pré­pa­ra­tion adé­quate nous ne pou­vons pas inter­agir avec une com­mu­nau­té d’habitants aux orien­ta­tions poli­tiques et idéo­lo­giques aus­si diverses, aus­si dif­fé­rentes. Nous devons être capables de bien appré­hen­der les diver­gences afin de les sur­mon­ter avec sagesse et tolé­rance et être prêts à toute éven­tua­li­té. Le tra­vail com­mu­nau­taire n’est pas facile. Qui a dit que la révo­lu­tion était une tâche facile ? Tout est poli­tique et d’une façon ou d’une autre, la poli­tique s’immisce dans nos foyers…

« Quand quelqu’un arrive pour prendre en charge une mai­rie ou une région, il oublie vite l’idée fon­da­trice de ce que doit être l’État com­mu­nal. »

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Je m’appelle Simon Anto­nio Lan­dae­ta, j’ai com­men­cé à lut­ter ici dans la com­mu­nau­té en 1992 dans une des asso­cia­tions de quar­tier. En sou­met­tant à refe­ren­dum le nom de notre Conseil Com­mu­nal, nous avons été pion­niers en la matière, peu de com­mu­nau­tés ont uti­li­sé cette pro­cé­dure ; nous avons aus­si élu le direc­teur de l’école Simon Rodri­guez ; nous avons recru­té une des per­sonnes de la com­mu­nau­té comme ensei­gnant, le pro­fes­seur Becer­ra. Peu de com­mu­nau­tés peuvent se tar­guer d’avoir ce type de pro­po­si­tions et d’initiatives.

C’est notre lutte com­mu­nau­taire en 2002 qui a per­mis l’arrivée du per­son­nel médi­cal cubain à Palo Negro, tout un évè­ne­ment. Il arrive que ces ini­tia­tives ne soient pas appré­ciées à leur juste mesure, ou qu’on ne les regrette que quand elles dis­pa­raissent, mais je connais tous les conseils com­mu­naux de la Com­mune et celui qui fonc­tionne le mieux, aux dires des habi­tants des autres com­mu­nau­tés qui aime­raient avoir un Conseil Com­mu­nal comme le nôtre, c’est le nôtre, le Conseil Com­mu­nal de Bel­lo Monte.

Nous nous effor­çons de consti­tuer notre Com­mune confor­mé­ment aux orien­ta­tions pro­po­sées par notre pré­sident sur le déman­tè­le­ment de l’État tra­di­tion­nel, de l’État bour­geois, des mai­ries et des gou­ver­ne­ments. Nous le fai­sons en tant que com­mu­nau­té, en tant que peuple orga­ni­sé. Comme l’a tou­jours dit notre pré­sident : le pou­voir appar­tient au peuple, aux com­mu­nau­tés ; le peuple doit s’approprier du pou­voir. Mais per­son­nel­le­ment je remarque que quand quelqu’un arrive pour prendre en charge une mai­rie ou une région, il oublie vite l’idée fon­da­trice de ce que doit être l’État com­mu­nal. Il ne pour­suit pas la conso­li­da­tion du pro­jet com­mu­nal ; il y met des embûches ; car il y voit là une struc­ture rivale, une répar­ti­tion du pou­voir qui entrave son lea­der­ship et son ascen­dant sur les gens. C’est encore, je ne dirais pas une fai­blesse, mais un des tra­vers sur les­quels il faut res­ter vigi­lants et qu’il faut sur­mon­ter pour ren­for­cer le pou­voir com­mu­nal.
tra­ba­jan­do en la sede

-561.jpg Bon­jour, je m’appelle Isme­ry Cas­tillo. J’ai inté­gré la com­mu­nau­té Bel­lo Monte en 2004, au moment du démar­rage de la Mis­sion « Bar­rio Aden­tro » (mis­sion de soins de san­té gra­tuite dans les quar­tiers popu­laires). Après quoi est venue la mise en place d’une struc­ture pré­sco­laire à l’Unité édu­ca­tive Simon Rodri­guez ; le déve­lop­pe­ment d’un module d’assistance aux citoyens dans leurs démarches, qui fonc­tionne tou­jours, au siège du Conseil Com­mu­nal ; il manque encore 2 modules à concré­ti­ser ; Le réamé­na­ge­ment du ter­rain mul­ti-sport a été effec­tué grâce à l’apport finan­cier de l’ONA (Office Natio­nal Anti-Drogue) à hau­teur de 150 000 boli­vars.

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Cité Uni­ver­si­taire inache­vée depuis plu­sieurs années

Il y a aus­si le pro­jet de cité uni­ver­si­taire, à l’entrée de la com­mu­nau­té Bel­lo Monte ; les res­sources ont été octroyées par le Minis­tère de l’enseignement supé­rieur en 2005, 2006 et 2013 ; ce pro­jet a été exé­cu­té par étapes à l’époque où notre pré­sident Cha­vez était tou­jours vivant. Pour lui, cette cité était déjà ache­vée. En réa­li­té nous sommes tou­jours en attente de l’achèvement des tra­vaux car comme les choses se sont faites par étapes, tout a aug­men­té avec le temps et les sommes déblo­quées n’ont pas suf­fi à cou­vrir les achats ou tra­vaux pré­vus ini­tia­le­ment ; donc l’œuvre reste en souf­france et avec le nombre impor­tant d’étudiants il est urgent d’avoir une nou­velle aide pour ter­mi­ner les tra­vaux : seuls les murs, l’électricité et une par­tie du câblage ont été effec­tués jusqu’à pré­sent.

Nous fonc­tion­nons actuel­le­ment avec quatre CLAP (Comi­té Local de Abas­te­ci­mien­to y de Pro­duc­cion – comi­té local d’approvisionnement et de pro­duc­tion).

Nous avons recen­sé 1042 familles répar­ties sur 838 loge­ments, soit en tout 2904 habi­tants ; afin que tout le monde puisse béné­fi­cier du pro­gramme, grâce au pre­mier bureau ouvert, nous avons actua­li­sé ce recen­se­ment.

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Réunion d’organisation des CLAP au siège du conseil com­mu­nal

Un autre pro­jet pour lequel nous avons sol­li­ci­té de l’aide auprès des ins­ti­tu­tions com­pé­tentes est celui de l’équipement en citernes, pompes et flot­teurs. La demande a été faite à FUNDACOMUNAL (ins­ti­tu­tion publique d’appui aux conseils com­mu­naux) et nous atten­dons la réponse.

L’axe cultu­rel et spor­tif n’est pas négli­gé ; on y a réflé­chi ; il vien­dra après la réha­bi­li­ta­tion de l’habitat, par le biais de for­ma­tions dans le domaine de la danse, de la culture, du théâtre, de l’informatique ; les étu­diants qui ont choi­si d’étudier dans notre com­mu­nau­té nous aident en nous lais­sant les méthodes, outils et manuels péda­go­giques, une fois qu’ils ont obte­nu leur diplôme. Nous avons éga­le­ment le pro­jet de construire un module de police ; nous avons de la place pour ce faire.

Tout n’est pas que dépenses. Nous avons don­né beau­coup de nous-mêmes, en com­plé­ment à l’apport des ins­ti­tu­tions. Que nous ayons eu des pro­blèmes, bien sûr, ne nous voi­lons pas la face !, mais nous dis­cu­tons et nous révi­sons tout de la manière la plus trans­pa­rente pos­sible. Pour­quoi ? Parce que le tra­vail en com­mu­nau­té n’est pas facile, il y a de la méfiance envers cer­tains conseils de quar­tier, qu’on accuse de voler par exemple. Un exemple : alors que nous étions en train de réno­ver les loge­ments, une com­pagne du Conseil com­mu­nal est allée por­ter plainte pour vol. Com­ment démon­trer que c’était faux ? Nos cama­rades sont allés à la quin­caille­rie, ont deman­dé des copies de toutes les fac­tures et nous avons pu démon­trer que nous n’avions rien volé. Au contraire c’est le four­nis­seur qui était débi­teur à notre égard d’une somme de près de trois mille Boli­vars, et c’est nous qui étions trai­tés de voleurs ! Mais la leçon a été rete­nue : désor­mais nous tra­vaillons minu­tieu­se­ment, nous contrô­lons cha­cune des fac­tures, les copies, les for­mu­laires, les plan­nings. On ne va pas se faire avoir une nou­velle fois !

-564.jpg Bon­jour, mon nom est Rei­nal­do Cor­re­dor, j’habite dans cette com­mu­nau­té depuis 1995 envi­ron. Depuis mes débuts ici je me bats pour l’organisation des tra­vailleurs dans le sec­teur tex­tile. C’est là que j’ai com­pris la néces­si­té d’une par­ti­ci­pa­tion du peuple et des tra­vailleurs dans la construc­tion d’un véri­table socia­lisme, d’une nou­velle socié­té.

Mon impli­ca­tion date des années 1997 – 1998, quand j’ai inté­gré l’association de quar­tier. L’organisation de la com­mu­nau­té s’est construite sur plu­sieurs fronts ; dans nos tracts nous par­lions de « front rési­den­tiel », « front spor­tif » car c’était la ter­mi­no­lo­gie qu’on uti­li­sait dans les années 90. J’ai tou­jours consi­dé­ré que si les pre­miers pion­niers ont pu obte­nir ce qu’ils ont obte­nu en appor­tant leur pierre, alors ima­gi­nez ce que nous pour­rions conqué­rir tous ensemble, aujourd’hui ! J’ai aus­si fait par­tie des comi­tés de sec­teurs fon­ciers, c’était le sec­teur A je crois ; il y en avait 4 (A, B, C et D) ; c’est de là que sont nés les conseils com­mu­naux.

« Sinon, on va res­ter tou­jours sous le joug, domi­nés, tu com­prends… »

Nous ne pou­vons pas aban­don­ner cette lutte de chaque ins­tant, aus­si pré­gnant soit le contexte, aus­si forte soit la guerre éco­no­mique. L’essentiel réside dans la par­ti­ci­pa­tion de tous, parce que quels que soient les diri­geants de l’État ou d’un pays, il leur est impos­sible de résoudre l’ensemble des pro­blèmes qui se pré­sentent.

L’émancipation du peuple dépend du peuple lui-même, tu com­prends. Il faut que le peuple réa­lise enfin que c’est à par­tir de ses seules mobi­li­sa­tions et par­ti­ci­pa­tion que l’on peut obte­nir et conso­li­der les réus­sites. Sinon, on va res­ter tou­jours sous le joug, tou­jours domi­nés, tu com­prends…

En ce qui concerne les pro­jets à venir d’une Com­mune comme la nôtre, qui est com­po­sée de 13 conseils com­mu­naux, nous avons l’intention de déve­lop­per un axe agri­cole et tou­ris­tique ; en effet, nous avons des terres culti­vables ; c’est notre envi­ron­ne­ment et nous devons aller vers une pleine par­ti­ci­pa­tion à l’exploitation de ces terres afin d’arriver à une pro­duc­tion agri­cole durable et solide. Un autre pro­jet qui pour­rait gran­de­ment aider la Com­mune serait la vente du lait de l’entreprise publique « Los Andes », qui ne rap­porte pas beau­coup certes, mais ce sont ces choses qui appar­tiennent au gou­ver­ne­ment que nous devons contrô­ler de plus en plus via les cir­cuits de pro­duc­tion et de com­mer­cia­li­sa­tion. C’est ain­si que l’État révo­lu­tion­naire met à dis­po­si­tion du peuple les res­sources et l’invite à s’organiser pour en dis­po­ser ; mais c’est aus­si là qu’est notre fai­blesse, notre retard à l’allumage : le peuple n’a pas encore com­pris l’intérêt de la par­ti­ci­pa­tion de cha­cun dans l’appropriation des choses.

Mon avis per­son­nel est qu’une édu­ca­tion sur ce qu’est un socia­lisme par­ti­ci­pa­tif, actif, doit être impar­tie dans les écoles, les lycées et les uni­ver­si­tés ; de fait notre Conseil com­mu­nal est un de ceux qui sont le plus fré­quen­tés par les étu­diants ; pour qu’ils luttent à nos côtés pour les mêmes objec­tifs que nous ; mon enga­ge­ment per­son­nel est de veiller à ce que l’éducation par­ti­ci­pa­tive et active soit une réa­li­té dans le domaine édu­ca­tif ; et nos enfants, parce qu’ils sont aus­si étu­diants, sont les témoins de nos démarches et de nos dis­cus­sions au sein de la famille. J’espère que tôt ou tard ma fille va y entrer pour qu’elle apporte sa contri­bu­tion, qu’elle soit pro­ta­go­niste et actrice dans ce tra­vail com­mun.

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San­tos Flores (gauche)

Je m’appelle San­tos Flores, je suis arri­vé ici en 2009. D’emblée j’ai inté­gré le Conseil com­mu­nal, grâce au cama­rade Simon Lan­dae­ta. J’ai cher­ché l’adresse et me suis ren­sei­gné auprès des lea­ders du Conseil, et je me suis lan­cé. J’ai par­ti­ci­pé aux dif­fé­rentes élec­tions et je suis encore à ce jour au Conseil. De 2009 à ce jour nous n’avons pas ces­sé de tra­vailler. Nous avons eu nos moments de fai­blesse, mais nous avons su rebon­dir. Notre rôle est de ser­vir, quelles que soient les cri­tiques, les com­men­taires à notre encontre. C’est à ça que nous avons été appe­lés : à ser­vir ; à être au ser­vice de la com­mu­nau­té, comme l’a dit le pré­sident Cha­vez, être au ser­vice des autres, sans aucune contre­par­tie finan­cière. Et c’est ce qui plaît aux gens, rece­voir un ser­vice, d’intérêt public, sans qu’ils aient à payer.

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La majo­ri­té des rues ne sont pas éclai­rées, seule la rue prin­ci­pale est éclai­rée, les autres sont encore dans le noir. Nous avons contac­té CORPOELEC (com­pa­gnie publique de l’électricité); ils nous ont pro­mis de venir, mais à ce jour et après plu­sieurs ren­dez-vous man­qués, ils ne l’ont tou­jours pas fait. Ce pro­blème ne concerne pas seule­ment le quar­tier de Bel­lo Monte, mais d’autres sec­teurs vitaux de la com­mune. Ils nous ont appor­té les ampoules man­quantes dans la rue prin­ci­pale. Les gens de la com­mu­nau­té se rendent compte de ce qui est fait quand ils constatent de visu que tu montes sur les poteaux pour ins­tal­ler les ampoules, mais si tu fais quelque chose moins visible à prio­ri, pour aus­si bon que ce soit, ils ne semblent pas s’en rendre compte.

Comme je suis un des porte-parole, c’est à moi que la com­mu­nau­té adresse les récla­ma­tions. Je réponds que si j’en avais la pos­si­bi­li­té j’installerais moi-même les ampoules, mais ce n’est pas dans mes pré­ro­ga­tives ; on trans­met seule­ment les pro­jets, et il ne reste aux employés gou­ver­ne­men­taux qu’à inter­ve­nir ; mais à ce jour ils ne l’ont pas encore fait.

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Mon nom est Blan­ca Facun­dez, je par­ti­cipe au comi­té de san­té de notre com­mu­nau­té. J’ai com­men­cé en 2006 et à ce jour je conti­nue tou­jours dans ce même comi­té. A trois ou quatre reprises dans le cou­rant de l’année nous menons des cam­pagnes de soins : vac­ci­na­tions, en podo­lo­gie, oph­tal­mo­lo­gie, réha­bi­li­ta­tion… Tous les comi­tés assument leurs res­pon­sa­bi­li­tés au moment oppor­tun.

L’an der­nier nous avons recen­sé 85 per­sonnes du troi­sième âge, par­mi les­quelles nous en avons repé­ré, grâce à Dieu, une dou­zaine qui étaient en attente d’une retraite.

Il est bon de s’investir dans ce genre de tâches et d’inviter les gens à le faire pour qu’ils réa­lisent que ce n’est pas facile, com­bien d’effort cela repré­sente et com­bien il faut aimer les gens que tu prends en charge mais aus­si aimer ce que tu fais ; sans se pré­oc­cu­per de ce que les gens disent car il y a tou­jours des per­sonnes pour affir­mer qu’on ne tra­vaille pas.

Au cours de ces cam­pagnes, nous sommes en contact avec les petits com­mer­çants du quar­tier, qui nous aident bien, grâce à Dieu, et s’il manque quelque chose, entre nous tous nous arri­vons à com­plé­ter ; j’ai appris que les choses pro­gressent posi­ti­ve­ment avec beau­coup de force de volon­té, pas mal de tolé­rance et de prag­ma­tisme.

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Je m’appelle Anto­nio Gua­ni­pa je suis actuel­le­ment porte-parole du comi­té d’économie popu­laire ; mon rôle ne s’est pas can­ton­né à celui de porte-parole, j’ai aus­si contri­bué au déve­lop­pe­ment des béné­fices concrets de l’action col­lec­tive : par exemple ce parc a pu être réa­li­sé grâce à la main d’œuvre four­nie par nous tous, les habi­tants du quar­tier, de même que pour le ter­rain mul­ti-sport.

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Bon­soir, je m’appelle Raquel San­chez, je vis ici depuis 1990, je suis membre éga­le­ment du Conseil Com­mu­nal. J’ai même fait de la pri­son à cause de cette longue lutte, et je suis tou­jours là (rires). J’ai beau­coup appris. J’ai appris à connaître chaque membre de la com­mu­nau­té, celui qui est soli­daire, celui qui ne l’est pas. Je rap­pelle à l’ordre les voi­sins pour qu’ils s’intègrent au col­lec­tif afin de ne pas lais­ser dépé­rir le tra­vail de ceux qui se sont inves­tis pour nous ; je rap­pelle les béné­fices concrets de l’engagement de tous : le ter­rain mul­ti-sport, la pré­sence d’un méde­cin à Bel­lo Monte ‑jusqu’alors un enfant malade devait par­tir au petit matin à l’hôpital de la Sécu­ri­té sociale- ; nous ne sou­hai­tons pas reve­nir en arrière et nous nous appuyons sur les acquis et l’espoir que nous a lais­sés le pré­sident Cha­vez.

Le drai­nage des eaux plu­viales et l’asphaltage de che­mins agri­coles, c’est un autre pro­jet qui nous mobi­lise actuel­le­ment, et qui implique les ins­ti­tu­tions offi­cielles – gou­ver­ne­ment régio­nal, mai­ries, conseil fédé­ral de gou­ver­ne­ment (ins­ti­tu­tion char­gée de trans­fé­rer les fonds publics aux pro­jets des conseils com­mu­naux)-; j’ai infor­mé les gens que nous sommes atten­tifs au bon dérou­le­ment de ce pro­jet, et que quand il sera mené à son terme nous le célé­bre­rons comme il se doit, ici à Bel­lo Monte, avec feux d’artifice et fêtes (applau­dis­se­ments).

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Bon­soir, je m’appelle Ana Ibar­ra, je tra­vaille au sein du comi­té d’alimentation depuis 2005, année au cours de laquelle a été créée la mai­son com­mu­nale d’alimentation de Bel­lo Monte qui appro­vi­sion­nait 150 per­sonnes par jour, par­mi les­quelles des per­sonnes du 3e âge, des enfants en situa­tion de han­di­cap des femmes enceintes et des mères céli­ba­taires à faibles reve­nus : les ali­ments four­nis leur per­met­taient d’assurer l’équivalent d’un déjeu­ner et d’un goû­ter quo­ti­diens.

Nous avons dis­pen­sé des cours de conser­va­tion des ali­ments, de pâtis­se­rie locale ; les béné­fi­ciaires y assis­taient ain­si que des mères. En ce moment la mai­son com­mu­nale d’alimentation ne fonc­tionne plus parce que la pro­prié­taire a ven­du le local et l’équipement et les ingré­dients sont en attente de trans­fert chez une autre mère enga­gée dans le pro­ces­sus. Ça fait un an et quelques mois que nous atten­dons sans résul­tat. C’était un beau local accueillant, et quand on nous demande quand le nou­veau va ouvrir nous sommes mal­heu­reu­se­ment inca­pables d’apporter une réponse concrète.

Nous aime­rions que la com­mu­nau­té béné­fi­cie à nou­veau de ce ser­vice, même s’il est minime, car les besoins des gens en la matière sont réels, je pense notam­ment en prio­ri­té aux vieillards et aux enfants qui sont dans les rues. Nous assu­rions ce ser­vice de 7h00 à 14 h00, et le fai­sions de manière très per­son­na­li­sée, car chaque per­sonne béné­fi­ciaire avait sa pro­blé­ma­tique, ses besoins spé­ci­fiques. Et cha­cun était ser­vi avec le même amour et la même affec­tion.

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Trans­crip­tion et pho­tos : Thier­ry Deronne

Publi­ca­tion en espa­gnol

Tra­duc­tion : Jean-Claude Sou­biès

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