Le Chantage du Terrorisme

Une voix bur­ki­na­bè s’é­lève contre la re-colo­ni­sa­tion mili­taire de l’A­frique.

Dans le cadre des opé­ra­tions Bar­khane, des élé­ments de la gen­dar­me­rie fran­çaise (on ne sait pas com­bien) seront pro­chai­ne­ment déployés à Oua­ga­dou­gou pour faire face à toute “crise de ter­ro­risme” dans la région Ouest Afri­caine et vont inter­ve­nir en cas d’at­taque ter­ro­riste.

De façon basique, cela signi­fie trois choses :
1. Les attaques ter­ro­ristes en Afrique consti­tuent une oppor­tu­ni­té pour la France de ren­for­cer sa pré­sence mili­taire en Afrique
2. Il n’y a aucun débat démo­cra­tique au Bur­ki­na sur les règles d’en­ga­ge­ment des forces mili­taires étran­gères
3. Le Bur­ki­na Faso sera encore plus expo­sé aux attaques ter­ro­ristes

Lorsque l’on écoute les “experts” fran­çais sur RFI, France 24 …, le groupe ter­ro­riste Aqmi en atta­quant la Côte d’I­voire a frap­pé sym­bo­li­que­ment la France. « Frap­per la Côte d’I­voire, c’est bien évi­dem­ment une façon de s’en prendre à l’al­lié his­to­rique de la France dans la région » a expli­qué Antoine Gla­ser : « Vous voyez, vous faites la chasse aux dji­ha­distes au Mali, au nord du Niger, dans la bande sahé­lo-saha­rienne, mais nous on vous tape au cœur du busi­ness et de la pré­sence fran­çaise dans la région. »

Le 14 mars, au len­de­main de l’attentat de Grand-Bas­sam, Aqmi a dif­fu­sé sur Inter­net un com­mu­ni­qué de reven­di­ca­tions : « C’est un aver­tis­se­ment pour la Côte d’Ivoire et pour tous les alliés de la France ». Aqmi ajoute qu’elle vise­ra encore, la France « et ses inté­rêts dans les pays par­ti­ci­pant dans les opé­ra­tions Ser­val et Bar­khane qui mobi­lise envi­ron 3 500 mili­taires en Mau­ri­ta­nie, au Mali, au Niger, au Tchad et au Bur­ki­na Faso.

Pour­tant la France a elle-même été atta­quée dans la nuit du ven­dre­di 13 novembre 2015 par plu­sieurs com­man­dos qui ont assas­si­né au moins 130 per­sonnes à Paris.

Pour­tant la France est un pays qui a contri­bué à l’ex­pan­sion du ter­ro­risme en détrui­sant la Libye et en sou­te­nant (armes, ren­sei­gne­ments, for­ma­tions …) les groupes dji­ha­distes en Syrie. L’an­cien ministre fran­çais des Affaires étran­gères, Laurent Fabius, avait d’ailleurs décla­ré en décembre 2012, lors de la confé­rence des « Amis de la Syrie » qu’Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « fait du bon bou­lot ».

Pour­tant la France entre­tient des alliances solides avec les dic­ta­tures du Golfe par­rains du ter­ro­risme inter­na­tio­nal.

Pour­tant la France est le 4ème plus gros expor­ta­teur d’armes dans le monde ali­men­tant ain­si de plus en plus de conflits meur­triers.

Pour­tant en sep­tembre 2015, la France nous som­mait de négo­cier avec le chef ter­ro­riste Dien­dé­ré.

Depuis que la France a désta­bi­li­sé la Libye et per­mis que des hordes de dji­ha­distes sur­ar­més déferlent sur le Mali, les Maliens n’ont jamais été aus­si expo­sés au ter­ro­risme mal­gré la pré­sence mili­taire inva­sive fran­çaise et Onu­sienne.

Oua­ga­dou­gou abrite des équi­pe­ments et des forces mili­taires fran­çaises mal­gré cela (ou à cause de cela) la capi­tale bur­ki­na­bè a été atta­quée par les ter­ro­ristes.

La Côte-d’I­voire abrite la plus grande base mili­taire fran­çaise en Afrique mal­gré cela (ou à cause de cela) Grand-Bas­sam n’a pas été épar­gnée.

Les attaques ter­ro­ristes ne sont que super­che­rie et chan­tage. Par contre le maitre chan­teur n’est pas tou­jours celui que l’on croit.

Sou­ley­mane Oue­drao­go

-297.jpg