Nouveau suicide à Vottem

par Plateforme Citoyenne de Soutien Aux Réfugiés

A Vot­tem depuis 2008, c’est le cin­quième décès : trois sui­cides, et deux morts faute de soins appro­priés. Ras­sem­ble­ment ce same­di 13 octobre à 15h au centre fer­mé de Vot­tem !

Nous avons appris ce matin le sui­cide d’un réfu­gié d’o­ri­gine éry­thréenne au centre fer­mé pour étran­gers de Vot­tem. Selon nos infor­ma­tions, le sui­cide aurait eu lieu vers 1h du matin, le 9 octobre 2018.

Cette per­sonne était enfer­mée à Vot­tem depuis envi­ron 4 mois. Il souf­frait énor­mé­ment de sa déten­tion ; des témoi­gnages nous le décrivent comme très dépres­sif, ne s’a­li­men­tant qua­si pas… Quelques heures avant ce sui­cide, par pen­dai­son, il avait été trans­fé­ré d’une aile vers une autre, pour une rai­son que nous igno­rons. Après ce trans­fert, il a été pla­cé seul dans une chambre. C’est là qu’il a été décou­vert, pen­du avec son drap de lit.

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Les autres Ery­thréens sont anéan­tis, ils ne com­prennent pas que l’on ait iso­lé, pri­vé de la com­pa­gnie de ceux qui l’en­tou­raient pré­cé­dem­ment, et lais­sé sans aucune sur­veillance quel­qu’un qui allait très mal !

Tous les déte­nus de Vot­tem sont sous le choc, Beau­coup ont refu­sé de s’a­li­men­ter aujourd’­hui. Ils nous disent com­bien c’est insup­por­table de vivre dans ce qui n’est rien d’autre qu’un pri­son, avec des bri­mades quo­ti­diennes…
Nous sommes indi­gnés, révol­tés. En effet on peut ima­gi­ner com­ment quatre mois de déten­tion ont bri­sé un homme qui comme beau­coup d’autres “trans­mi­grants” fuyait une situa­tion de guerre et ten­tait d’al­ler rejoindre de la famille, des amis en Angle­terre. Voi­là le résul­tat de la poli­tique de traque menée par le secré­taire d’E­tat à l’a­sile et à la Migra­tion, Théo Fran­cken, et par le gou­ver­ne­ment Michel ! Après les 8 per­sonnes décé­dées en 2018 sur les routes migra­toires en Bel­gique, dont la petite Maw­da, après ce sui­cide, qui sera la pro­chaine vic­time de cette poli­tique ?

Les centres fer­més sont une machine à expul­ser ; pour cela ils mettent en oeuvre une série de pra­tiques visant à bri­ser psy­cho­lo­gi­que­ment et phy­si­que­ment , au quo­ti­dien et lors des ten­ta­tives d’ex­pul­sion, les per­sonnes. Rien n’est épar­gné, le cachot, pri­son dans la pri­son, ou l’aile sécu­ri­sée d’i­so­le­ment à Vot­tem, les trans­ferts dis­ci­pli­naires, les insultes, les coups, les menottes lors de chaque dépla­ce­ment au tri­bu­nal ou à l’hô­pi­tal… Voi­là ce dont nous parlent tous les jours les “enfer­més” qui ne com­prennent pas d’être “trai­tés comme des cri­mi­nels”, qui, pour beau­coup, n’ont jamais connu de pri­son, ou de menottes, avant celles-ci… et qui n’en peuvent plus.!

A Vot­tem depuis 2008, c’est le cin­quième décès : trois sui­cides, et deux morts faute de soins appro­priés.

La résis­tance citoyenne doit se pour­suivre face à cette poli­tique d’a­sile et d’im­mi­gra­tion mor­ti­fère, qui rem­place l’ac­cueil par le rejet, l’ex­pul­sion, qui place des enfants en déten­tion mal­gré les graves séquelles psy­cho­lo­giques au cela va entraî­ner, au mépris de la Conven­tion inter­na­tio­nale des Droits de l’En­fant. NON, pas en notre nom !

Nous appe­lons à rejoindre le ras­sem­ble­ment heb­do­ma­daire du CRACPE ce same­di 13 octobre autour du centre fer­mé de Vot­tem, ras­sem­ble­ment dès 15H.

Pre­miers signa­taires : CIRE, CNCD, LDH , CRACPE, CRER/GVO, Méde­cins du Monde, Pla­te­forme Citoyenne de Sou­tien Aux Réfu­giés