L’abécédaire de la transformation sociale

Un dictionnaire revisté par les acteurs du social

Des mots qui résonnent et qu’on entend tout le temps. Quel est leur sens et com­ment sont-ils inter­pré­tés ? Quel visage prennent-ils  dans le quo­ti­dien et le tra­vail des acteurs sociaux ? Quels impacts ont-ils sur notre pou­voir de trans­for­mer le social ?

Une tren­taine de par­ti­ci­pants de l’é­cole de trans­for­ma­tion sociale (ETS) se prêtent au jeu sous forme de témoi­gnages vidéos à la fois per­son­nel et intime.

 

POUR ALLER LOIN

AGIR :

Ulpute tat utpat lup­ta­tum ent at. Ut utpa­tis­Rud tat alit, quat utem ali­quam vul­put­pat eugiat.
Nis­cil­la consed dolute diate te venim volor sequat. Gue min ulpu­tat prate dolore veros nos­tio odo­lore ver inci blan­dit do con esto ero et lore feu­giate magna faci et aci­dui blan henis­si. Na feum non­se­qu amco­reet nul­lam.

MOT à DéFINIR

Ulpute tat utpat lup­ta­tum ent at. Ut utpa­tis­Rud tat alit, quat utem ali­quam vul­put­pat eugiat.

Ulpute tat utpat lup­ta­tum ent at. Ut utpa­tis­Rud tat alit, quat utem ali­quam vul­put­pat eugiat.
Nis­cil­la consed dolute diate te venim volor sequat. Gue min ulpu­tat prate dolore veros nos­tio odo­lore ver inci blan­dit do con esto ero et lore feu­giate magna faci et aci­dui blan henis­si. Na feum non­se­qu amco­reet nul­lam.

Dialogue

Com­ment dia­lo­guer entre monde poli­tique, tra­vail de ter­rain et enga­ge­ment citoyen ?. Com­ment exploi­ter cette pré­cieuse res­source de mul­ti­pli­ci­té de regards et de points de vue sans pour autant re-caté­go­ri­ser les pro­fils, ré-hié­rar­chi­ser les savoirs ?

« Rien à faire, ce sont les plus à l’aise qui prennent (trop ?) de place ».

La ques­tion du « com­ment tra­vailler avec des regards et pro­fils dif­fé­rents » est au cœur de l’ETS. Pour rap­pel, les par­ti­ci­pants sont com­po­sés de 3 types d’expertise : pro­fes­sion­nelle, expé­rien­tielle (à par­tir de son vécu) et aca­dé­mique ou ins­ti­tu­tion­nelle. Com­ment faire col­la­bo­rer des cher­cheurs, des inter­ve­nants sociaux, des citoyens mili­tants, des artistes enga­gés, des experts du vécu, des fonc­tion­naires admi­nis­tra­tifs, des usa­gers de ser­vice social ? … Com­ment exploi­ter cette pré­cieuse res­source de mul­ti­pli­ci­té de regards et de points de vue sans pour autant re-caté­go­ri­ser les pro­fils, ré-hié­rar­chi­ser les savoirs ? La diver­si­té des groupes — experts du vécu, pro­fes­sion­nels, cher­cheurs, jeunes et moins jeunes -, les ren­contres entre dif­fé­rentes visions du monde, l’écoute et le res­pect des dif­fé­rents points de vue sont autant d’éléments poin­tés comme des richesses par les par­ti­ci­pants.

Mais doutes et dif­fi­cul­tés à se com­prendre sont aus­si au ren­dez-vous : « Com­ment dia­lo­guer entre monde poli­tique, tra­vail de ter­rain et enga­ge­ment citoyen ? ». « Entre mili­tance et bien­veillance, arri­ve­rons-nous à faire émer­ger quelque chose ? ». Sur­mon­tables pour cer­tains, « des diver­gences par moment, mais qui ne sont pas des obs­tacles » ; plus para­ly­sants pour d’autres : « En octobre, J’ai trou­vé des alliés dans les envies de chan­ger le monde. En février, le bilan est que côtoyer des uni­ver­si­taires pour tra­vailler ensemble est com­pli­qué, qu’il y a des évi­dences énon­cées que l’on n’a pas le temps de décor­ti­quer. Bref, j’ai un peu la sen­sa­tion que le monde de ter­rain non uni­ver­si­taire et le monde uni­ver­si­taire ont un sacré tra­vail s’ils veulent col­la­bo­rer un jour ! ».

Nom­breux sont pour­tant les outils pro­po­sés pour dépas­ser cette sen­sa­tion d’impasse – pan­neaux res­sources avec por­traits de cha­cun « qui est qui ? », « ce que j’ai à offrir/ce que je recherche », bio­gra­phies de chaque par­ti­ci­pant, frag­men­ta­tion des jour­nées en tra­vail par sous-groupes, dis­tri­bu­tion de la parole, … pour favo­ri­ser un échange hori­zon­tal. Elles n’ont per­mis de répondre que par­tiel­le­ment au défi.

Mal­gré aus­si une atten­tion et une habi­le­té (agi­li­té ?) des ani­ma­teurs à ten­ter de « faire com­mun », cer­taines ques­tions essen­tielles n’ont pu trou­ver de réponse dans cer­tains chan­tiers : « quelle va être notre action ? A qui va-t-elle être des­ti­née ? ». Pour cer­tains par­ti­ci­pants, « mélan­ger des publics avec de tels écarts de connais­sances et de pra­tiques est une belle envie, mais qui exige beau­coup plus de temps ! ». Parce que, de mois en mois, la porte de l’ETS une fois refer­mée, le sen­ti­ment d’appartenance au groupe s’effiloche, les conte­nus aus­si : « quand on se retrouve après autant de semaines, on a l’impression de tout devoir reprendre à zéro ! ». L’écart se creuse d’autant plus entre ceux qui ont l’habitude de pas­ser par l’outil infor­ma­tique — lec­tures de conver­sa­tions et de docu­ments échan­gés sur Ago­ra­kit (logi­ciel col­la­bo­ra­tif ), de lire des études et ana­lyses… Et puis, les autres. Même son de cloche pour le tra­vail en chan­tiers : « por­tés par nos habi­tudes et notre enthou­siasme, les dis­cus­sions vont vite, on a l’habitude de res­ter 2h sur une chaise et on n’a pas peur de par­ler en petits groupes… ». Mais toutes ces « habi­tudes » de tra­vail pour cer­tains rendent la parole d’autres par­ti­ci­pants trop peu écou­tées, voire silen­cieuses : « Tout allait très vite. Je cau­tion­nais ce qui était dit, mais j’étais l’invisible dans le groupe des « publics invi­si­bi­li­sés » ! Je me suis effa­cée plu­tôt que de prendre ma place. Je suis avant tout une per­sonne d’écriture et me sens vite écra­sée, pani­quée à l’oral ! ». « Ce qui est dit m’intéresse », confie une autre par­ti­ci­pante, « mais les mots uti­li­sés sont com­pli­qués, je n’ai pas tout com­pris, on parle vite et beau­coup ! ».

Bref, com­ment faire col­lec­tif AVEC tous ?

Com­ment faire col­lec­tif au-delà de ces modes de fonc­tion­ne­ment qui nous rat­trapent ? Com­ment évi­ter les rap­ports de domi­na­tion dans les échanges ? ; cana­li­ser la parole des uns et invi­ter la parole des autres à s’inscrire dans le groupe ? Uti­li­ser d’autres sup­ports de trans­mis­sion que le lan­gage oral ? Com­ment mieux outiller les par­ti­ci­pants pour atteindre un consen­sus sans qu’il soit frus­trant pour une par­tie du groupe ? Bref, com­ment faire col­lec­tif AVEC tous ? … Pour cer­tains, le col­lec­tif ETS est encore trop majo­ri­tai­re­ment com­po­sé de « tra­vailleurs sociaux, blancs, plu­tôt entre 30 – 40 ans ». Une part égale de tra­vailleurs sociaux, experts du vécu, aca­dé­miques – pour­rait-elle favo­ri­ser cette dyna­mique de réci­pro­ci­té ? Et pour­quoi ne pas ins­ti­tuer des duos d’animation de chan­tiers « pro­fes­sion­nel du social/expert du vécu » ? Cette ques­tion de la par­ti­ci­pa­tion de tous était déjà très pré­sente lors du Forum ouvert : « être pré­sent dans un pro­ces­sus col­lec­tif en tant qu’usager, OK, mais pour quoi faire ? Avec quelle place ? Qu’est-ce qu’on attend de nous ? Qu’on témoigne de nos dif­fi­cul­tés, de nos obs­tacles de vie ? » … « Et si je veux être expert du vécu du côté de la joie ? Si je veux venir pour être sur autre chose que sur la fra­gi­li­té de mon vécu ? », rétorque un par­ti­ci­pant. Une autre explique : « Je suis invi­sible et j’en ai souf­fert. Les sché­mas caté­go­riels sont absurdes. Par­fois, on vou­drait avoir droit à une parole, à une voix et para­doxa­le­ment, à d’autres moments, on veut juste être invi­sible pour être comme les autres ». Si la par­ti­ci­pa­tion des per­sonnes mar­gi­na­li­sées est décré­tée et una­ni­me­ment applau­die, elle reste encore concrè­te­ment un impen­sé.

Pour aller plus loin : Etude du Grain 2020.
« Les pauvres font de la poli­tique ! Impact, impasses et pers­pec­tives de la par­ti­ci­pa­tion », BIS n°164/165, CBCS, 2011.