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05.05 > 31.05 2020

Péti­tion

SansPapiers.be

La coor­di­na­tion des sans papiers

La Ligue des tra­vailleuses domes­tiques

Une réa­li­sa­tion ZIN TV dans le cadre de la PVLS — Per­ma­nence vidéo des luttes sociales, un ate­lier vidéo mené en col­la­bo­ra­tion avec le GSARA.
Les témoi­gnages ont été récol­té à dis­tance avec l’aide du MOC Bruxelles.
Mer­ci à tou.te.s celle.s.ux qui ont par­ti­ci­pé à l’a­ni­ma­tion de ces témoi­gnages.
Avril — Mai 2020

 

Les per­sonnes en séjour irré­gu­lier nous parlent de leur quo­ti­dien, depuis leur confi­ne­ment, depuis leur oubli des mesures offi­cielles contre la pan­dé­mie. Quand on est sans-papier on n’a plus aucun droit et durant le confi­ne­ment les inéga­li­tés s’accentuent, le fos­sé est d’au­tant plus fla­grant.

Les per­sonnes sans-papiers en Bel­gique, déjà fra­gi­li­sées par leur situa­tion, deviennent de plus en plus vul­né­rables en ce temps de confi­ne­ment. En tant que popu­la­tion oubliée car consi­dé­rée sans droit, il.elle.s ne peuvent comp­ter que sur eux/elles-mêmes et sur le sou­tien de leurs concitoyen.ne.s belges.

Aucune auto­ri­té poli­tique ni admi­nis­tra­tive ne s’est pen­chée sur la situa­tion des sans-papiers. La stra­té­gie trop seg­men­taire de la pré­ven­tion en san­té publique des diverses auto­ri­tés (fédé­rales, régio­nales et com­mu­nales) les exclut.

En dépit de cet aban­don, la Coor­di­na­tion des sans-papiers sou­tient avec force les mesures prises jour après jour par le gou­ver­ne­ment pour endi­guer cette pan­dé­mie et a pu sen­si­bi­li­ser les per­sonnes vivant dans des occu­pa­tions afin que les consignes des auto­ri­tés fédé­rales soient obser­vées au pied de la lettre.

Avec les pou­voirs spé­ciaux qui sont confé­rés au Gou­ver­ne­ment Fédé­ral, il est grand temps de prendre en ligne de compte tous les exclus de la socié­té, que sont les per­sonnes sans-papiers.

Pour ce faire, pour la san­té de tous et le bien-être de tous, la Coor­di­na­tion des sans-papiers demande Madame Sophie Wil­mès, Pre­mière Ministre, et à tous les membres de son Gou­ver­ne­ment, de faire un pas humain en avant en déci­dant sur :

  • Un mora­toire dans le contrôle et les arres­ta­tions des per­sonnes sans-papiers ;
  • la libé­ra­tion sans condi­tions des sans-papiers qui courent des grands risques en étant déte­nus dans les centres fer­més, sur­tout qu’aucune expul­sion ne sau­ra se faire dans l’entre-temps ;
  • une sou­plesse d’accès à la carte d’aide médi­cale urgente pour les sans-papiers qui n’ont pas d’adresse ;
  • des mesures d’accompagnement en vivres et dans les occu­pa­tions des sans-papiers en ce temps de confi­ne­ment géné­ra­li­sés ;
  • une ins­truc­tion des pro­fes­sion­nels de pré­ven­tion et d’éducation à la san­té de pas­ser aus­si dans les occu­pa­tions avec un mes­sage clair com­pré­hen­sible par les sans-papiers au sujet de ce « Covid-19ʺ,
  • notre inté­gra­tion dans l’Etat de droit belge, et ce, par une régu­la­ri­sa­tion sur base de cri­tères clairs et per­ma­nents à ins­crire dans la loi de 1980 avec la créa­tion d’une Com­mis­sion indé­pen­dante de régu­la­ri­sa­tion.

La Coor­di­na­tion des sans-papiers a foi que, la lutte contre cette triste pan­dé­mie sera gagnée en met­tant en œuvre des approches plus humaines, soli­daires et sans exclu­sions.

 

Lettre ouverte à Madame Wilmès (01/05/2020)

Le gou­ver­ne­ment peut régu­la­ri­ser les sans-papiers sans modi­fier la loi, pour des rai­sons de san­té publique, des rai­sons huma­ni­taires et éco­no­miques, affirment dans une carte blanche deux avo­cates belges.
Chère Madame Wil­mès, Chers membres du gou­ver­ne­ment belge,
Nous nous adres­sons à vous concer­nant la ques­tion urgente des sans-papiers en Bel­gique.
Étant don­né que per­sonne ne peut quit­ter le ter­ri­toire belge pour le moment, et que les vols de pas­sa­gers sont inter­dits, la pre­mière condi­tion est rem­plie. Une déci­sion posi­tive pour­rait dès lors être don­née à ceux qui peuvent alors pré­sen­ter des argu­ments tels qu’un long séjour et une bonne inté­gra­tion en Bel­gique, une famille avec des enfants en âge sco­laire, un diplôme pour un emploi en pénu­rie ou la volon­té de tra­vailler dans un des sec­teurs men­tion­nés ci-des­sus, ou encore une vul­né­ra­bi­li­té par­ti­cu­lière.
Une telle mesure per­met­trait non seule­ment de sor­tir du déses­poir de très nom­breuses per­sonnes, mais serait béné­fique pour la san­té publique et l’économie du pays.
Dans l’espoir d’une réac­tion posi­tive, nous vous adres­sons nos salu­ta­tions res­pec­tueuses.

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