Holsbeek, prison pour innocentes

Inau­gu­ré le 7 mai 2019, le centre fer­mé de Hols­beek a été amé­na­gé pour déte­nir 58 femmes dont les papiers ne seraient pas les bons. Cet ancien hôtel low cost situé au fond d’un zoning indus­triel enferme actuel­le­ment une tren­taine de per­sonnes.

 

Pri­vées de liber­té depuis par­fois plu­sieurs mois, dans une attente inter­mi­nable et sous la menace d’être expul­sées, elles vivent au rythme de l’univers car­cé­ral. L’incertitude ronge, l’éloignement des proches mine, les nou­velles manquent, la san­té flanche, les nerfs lâchent, les espoirs finissent par dis­pa­raître.

Face à ce contexte d’oppression, les déte­nues sont soli­daires et s’organisent entre elles. C’est pour sou­te­nir leur résis­tance qu’un ras­sem­ble­ment a eu lieu le dimanche 24 novembre 2019, jour­née natio­nale de mobi­li­sa­tion contre les vio­lences faites aux femmes.

Le sou­ve­nir de Semi­ra Ada­mu, jeune nigé­riane de 20 ans assas­si­née en 1998 par des poli­ciers à bord d’un avion est dans tous les esprits ce dimanche matin. L’histoire se répète : en novembre 2019 une femme a subit trois ten­ta­tives d’expulsion avec vio­lence et mal­gré une plainte dépo­sée, elle a été expul­sée le 18/11/2019.
Elle témoigne après une de ses ten­ta­tives d’expulsion : « Ils veulent m’injecter. Parce qu’ils m’ont dit que j’étais très forte, ils m’ont pro­mis que la semaine pro­chaine ils me met­traient dans un vol et qu’ils me feraient une injec­tion pour me rendre faible et dor­mir. C’est ce qu’ils font à tout le monde au centre. Et ils t’emmènent à l’aéroport. La pre­mière fois ils te ramènent. Ils te prennent la deuxième fois et te ramènent. La troi­sième fois ils doivent t’injecter. Et j’ai tel­le­ment peur ». Depuis lors, aucune nou­velle de cette jeune femme n’a été com­mu­ni­quée.

Les centres fer­més et les dépor­ta­tions déshu­ma­nisent et mettent en dan­ger tous les jours. Les fron­tières tuent. Des femmes, des hommes et des enfants subissent quo­ti­dien­ne­ment ces vio­lences mul­tiples.

Ce sys­tème d’enfermement ren­force la cri­mi­na­li­sa­tion des per­sonnes migrantes. Les mili­tantes pré­sentes sur place reven­diquent la fin des expul­sions, des centres fer­més et de toutes les vio­lences envers les femmes migrantes.

 

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