Bernard Cassen croque Bernard-Henri Lévy !

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Pourquoi pas BHL à la présidence du Comité d’éthique et de déontologie du Monde ?

Source : Mémoire des luttes

http://www.medelu.org/spip.php?article696

Pour­quoi pas BHL à la pré­si­dence du Comi­té d’éthique et de déon­to­lo­gie du Monde ?

Une « per­son­na­li­té » vrai­ment « qua­li­fiée » ! / same­di, 1er jan­vier 2011 / Ber­nard Cas­sen / Secré­taire géné­ral de Mémoire des luttes, pré­sident d’honneur d’Attac

On le sait, le groupe Le Monde est désor­mais contrô­lé à 64, 5 % par trois action­naires, dits BNP – Pierre Ber­gé, Xavier Niel et Mat­thieu Pigasse -, regrou­pés au sein de la socié­té Le Monde libre. A l’occasion de cette opé­ra­tion de reca­pi­ta­li­sa­tion, a été adop­tée une « Charte d’éthique et de déon­to­lo­gie » dont, entre autres, Le Monde libre est signa­taire.

Le pré­am­bule de cette charte pré­cise qu’elle a pour objet « de rap­pe­ler les prin­cipes essen­tiels d’indépendance, de liber­té et de fia­bi­li­té de l’information ». Plus loin, il est sti­pu­lé que « les jour­na­listes dis­posent des moyens néces­saires pour exer­cer rigou­reu­se­ment leur métier, col­lec­ter et véri­fier les infor­ma­tions, indé­pen­dam­ment de toute pres­sion exté­rieure ».

On pou­vait donc s’attendre à ce que les membres du conseil de sur­veillance du groupe dési­gnés par Le Monde libre – déno­mi­na­tion cen­sée avoir valeur de pro­gramme — soient per­son­nel­le­ment exem­plaires au regard de cette charte. Et tout par­ti­cu­liè­re­ment quand ils inter­viennent sou­vent dans les médias, notam­ment dans Le Monde, ce qui est le cas d’au moins deux d’entre eux. Com­ment, en effet, être garant de prin­cipes que l’on ne res­pecte pas soi-même ?

L’existence d’une telle contra­dic­tion semble avoir échap­pé aux diri­geants du Monde libre lorsqu’ils ont nom­mé, par­mi leurs repré­sen­tants au conseil de sur­veillance, Ber­nard-Hen­ri Lévy. S’il est bien, en effet, deux notions que l’on n’associe pas spon­ta­né­ment au nom de BHL, ce sont celles de « fia­bi­li­té » et de « véri­fi­ca­tion » de l’information.

Trois nou­velles contri­bu­tions aux sot­ti­siers Image_1-13.png

Au cours de la seule année 2010, celui qui, avec quelques autres, s’est auto­pro­cla­mé « phi­lo­sophe » a appor­té trois contri­bu­tions majeures aux sot­ti­siers qui font la joie du public.

La pre­mière, et sans doute la plus hila­rante, a été, dans l’un de ses ouvrages, de citer le plus sérieu­se­ment du monde un auteur qui n’existe pas : Jean-Bap­tiste Botul. N’importe quel étu­diant qui aurait com­mis une telle énor­mi­té dans sa thèse de doc­to­rat, voire dans un modeste mémoire, aurait été ren­voyé à ses chères études par un jury com­po­sé de véri­tables spé­cia­listes. Dans une rédac­tion digne de ce nom, une telle absence de sérieux aurait entraî­né un ren­voi immé­diat.

BHL, lui, ne s’est pas démon­té. Invi­té sur TV 5 le 22 février 2010, il a sim­ple­ment décla­ré : Je me suis si peu trom­pé en 32 ans qu’il a fal­lu qu’on trouve cette sym­pa­thique his­toire Botul. » Et il a conti­nué à don­ner des leçons au monde entier, en par­ti­cu­lier du haut de sa chaire (son « bloc-notes ») du Point.

Est ensuite venue la dénon­cia­tion péremp­toire d’ un jour­na­liste de télé­vi­sion, Fré­dé­ric Tad­déi, que notre « phi­lo­sophe » a tout sim­ple­ment confon­du avec un joueur de foot­ball, Rodri­go Tad­déi.

Pour finir l’année en beau­té, dans Le Point daté 23 – 30 décembre, BHL a atta­qué vio­lem­ment « tel ancien du Monde diplo, Ber­nard Cas­sen », en visant en fait un homo­nyme, Pierre Cas­sen, avec lequel l’ancien direc­teur géné­ral du Monde diplo­ma­tique n’est lié ni de près ni de loin . Avi­sé en catas­trophe de cette nou­velle bévue, BHL a ten­té de rec­ti­fier le tir dans l’édition en ligne de son bloc-notes, mais en com­met­tant une nou­velle erreur sur les anté­cé­dents poli­tiques du Cas­sen pré­nom­mé Pierre.

Le per­son­nage est tel­le­ment imbu de lui-même qu’il n’a pas dai­gné adres­ser un mot d’excuse au Cas­sen pré­nom­mé Ber­nard qu’il avait assi­mi­lé, avec le sens de la nuance qui le carac­té­rise, à « un cra­chat au visage de la Répu­blique ». Détail qui en dit long sur sa volon­té réelle de réta­blir la véri­té : à la date à laquelle ces lignes sont écrites (le 1er jan­vier 2011, soit 10 jours après la paru­tion du Point), BHL n’avait tou­jours pas reti­ré ses allé­ga­tions men­son­gères de la tra­duc­tion en anglais de son fac­tum : http://www.bernard-henri-levy.com/en/l%E2%80%99honneur-des-musulmans-le-point-23122010 – 12937.html

De « purs moments de Ber­nard-Hen­ri Lévisme »

bhl.jpgPour avoir une idée de ce qu’est un ego bour­sou­flé, nous recom­man­dons la consul­ta­tion de ce site qui ren­voie notam­ment à un article de Vogue de 1996 dont voi­ci le cha­peau : « La ren­contre avec Ber­nard-Hen­ri Lévy est un acte vir­tuel. On ne sait que très dif­fi­ci­le­ment s’il nous a été pos­sible de ren­con­trer le véri­table per­son­nage. Il suf­fit alors de s’accorder un peu de temps, d’engager une pro­me­nade, de pous­ser la porte d’une librai­rie et de s’asseoir autour d’un café. Un pur moment de Ber­nard-Hen­ri Lévisme ».

Les inter­nautes ont plé­bis­ci­té le der­nier ava­tar du « Ber­nard-Hen­ri Lévisme » : des mil­liers d’occurrences, des dizaines de mil­liers de visites sur cer­tains sites (près de 90 000 sur l’un d’entre eux). On consul­te­ra en par­ti­cu­lier :

- le site des Inro­ckup­tibles : http://www.lesinrocks.com/actualite/…/bernard-henri-levy-les-behacheperles-2010/

- le site de Marianne :http://www.marianne2.fr/Grosse-bourde-de-BHL-reponse-salee-en-exclusivite-de-Cassen_a201067.html

- le site du Monde diplo­ma­tique : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010 – 12-24-Nou­velle-ane­rie-de-BHL

- le site du Nou­vel Obser­va­teur : http://tempsreel.nouvelobs.com/…/bernard-henri-levy-auteur-d-une-nouvelle-boulette.html

- le site d’ACRIMED : http://www.acrimed.org/article3507.html

Le réflexe pav­lo­vien qui a conduit BHL à pen­ser qu’il n’existait en France qu’un seul Cas­sen, celui du Monde diplo­ma­tique, s’explique aisé­ment. Depuis plus d’une décen­nie, en effet, et pra­ti­que­ment seul dans la presse écrite, ce men­suel met au jour — pièces à l’appui — les approxi­ma­tions, erreurs gros­sières, bri­co­lages, sot­tises et âne­ries en tout genre de l’homme « qui s’est si peu trom­pé en 32 ans ». En un mot sa fri­vo­li­té intel­lec­tuelle.

Pour une liste — non exhaus­tive – des étapes d’une car­rière « lit­té­raire » jalon­née d’impostures, on consul­te­ra le dos­sier du Monde diplo­ma­tique http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL. On y trou­ve­ra notam­ment quelques élé­ments d’explication de la com­plai­sance inouïe des médias fran­çais à l’égard du pré­ten­du « phi­lo­sophe ». Une com­plai­sance qui pro­voque les rires gogue­nards des obser­va­teurs étran­gers.

Bâton de maré­chal média­tique

BHL était déjà chez lui dans pra­ti­que­ment tous les quo­ti­diens, heb­do­ma­daires, stu­dios de radio et pla­teaux de télé­vi­sion. Il ne négli­geait pas pour autant les posi­tions de pou­voir hié­rar­chique : pré­si­dence d’Arte, par­ti­ci­pa­tion au capi­tal de Libé­ra­tion. Mais il lui man­quait son bâton de maré­chal média­tique : être enfin quelque chose dans la struc­ture de direc­tion du Monde, quo­ti­dien qui a publié cer­tains de ses « repor­tages », notam­ment en Colom­bie et en Afgha­nis­tan, dont maint rédac­teur se sou­vient qu’ils étaient truf­fés d’inexactitudes.

Grâce au trio BNP, cette grande ambi­tion est désor­mais satis­faite : BHL siège au conseil de sur­veillance du groupe Le Monde à côté, entre autres, du repré­sen­tant des socié­tés de jour­na­listes et de per­son­nels.

Mais pour­quoi s’arrêter en si bon che­min ? Il reste encore un poste impor­tant à pour­voir au Monde : le texte régis­sant son Comi­té d’éthique et de déon­to­lo­gie, char­gé de l’application de la Charte, pré­cise qu’il est pré­si­dé par « une per­son­na­li­té qua­li­fiée et indé­pen­dante ». Pro­fil qui cor­res­pond exac­te­ment à la haute idée que BHL a de lui-même ! Après tout, s’il est jugé digne de faire par­tie du conseil de sur­veillance, on ne voit pas pour­quoi, compte tenu de ses états de ser­vice, il ne bri­gue­rait pas cette pré­si­dence emblé­ma­tique. Ne serait-ce que pour se pré­mu­nir contre toute cri­tique qui pour­rait être faite au pro­chain « pur moment de Ber­nard-Hen­ri Lévisme » dans le quo­ti­dien…