Bruit de bottes en Turquie et subversion des pro-US au Liban

La Turquie a commencé à fournir une assistance financière, militaire et logistique à l’opposition syrienne, à la demande des États-Unis

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par Pierre Kha­laf (réseau Vol­taire)

La ten­dance géné­rale

Bruit de bottes en Tur­quie et sub­ver­sion des pro-US au Liban

Après avoir obser­vé un silence d’un mois au sujet de la Syrie, la Tur­quie com­mence de nou­veau à haus­ser le ton contre Damas, preuve d’un pro­jet occi­den­tal dont les grandes lignes com­mencent à se pré­ci­ser. Selon des infor­ma­tions dignes de foi, la Tur­quie a com­men­cé à four­nir une assis­tance finan­cière, mili­taire et logis­tique à l’opposition syrienne, à la demande des États-Unis et avec le concours de cer­tains pays du Golfe, qui jouent le rôle de bailleurs de fonds. Par ailleurs, la Tur­quie aurait éta­bli sur son sol des camps d’entraînement pour l’opposition syrienne, à proxi­mi­té des fron­tières sud du pays, en pré­lude à l’établissement d’une zone tam­pon sur le sol syrien. Le pro­jet pré­voit une incur­sion des forces turques de l’autre côté des fron­tières afin d’entraîner une déci­sion syrienne d’envoyer sur place des uni­tés de l’armée pour contrer cette agres­sion contre le ter­ri­toire natio­nal. La Tur­quie pour­ra alors, confor­mé­ment à la conven­tion de l’Otan, appe­ler l’Alliance atlan­tique à la res­cousse. Paral­lè­le­ment, l’opposition syrienne s’en pren­dra à des postes de l’armée et des ser­vices de ren­sei­gne­ment, et les mani­fes­tants récla­me­ront l’intervention de l’Otan.

Les États-Unis espèrent aus­si mettre le Liban à contri­bu­tion dans ce com­plot. Si le gou­ver­ne­ment et la majo­ri­té de la classe poli­tique et de la popu­la­tion refusent caté­go­ri­que­ment de se lais­ser entrai­ner dans ce sale jeu, une par­tie des Liba­nais n’y voient pas d’inconvénients. Il s’agit notam­ment du Cou­rant du Futur de Saad Hari­ri, allié pour la cir­cons­tance aux mou­ve­ments sala­fistes et extré­mistes. Tout ce beau monde a trans­for­mé les zones fron­ta­lières allant de l’Akkar, au Nord du Liban, à Kaa, à l’Est, en pas­sant par Wadi Kha­led, en une base-arrière pour les oppo­sants syriens. Ceux-ci reçoivent armes et argent, mais aus­si assis­tance logis­tique. Les extré­mistes bles­sés lors des attaques contre l’armée syrienne sont trans­por­tés dans des hôpi­taux du Liban-Nord pour y être soi­gnés. Toutes ces opé­ra­tions coû­teuses sont finan­cées par de l’argent pro­ve­nant des pétro­mo­nar­chies.

Mais il existe au Liban un fort mou­ve­ment poli­tique et popu­laire qui s’oppose à ce que le Liban serve de rampe et de pla­te­forme pour désta­bi­li­ser la Syrie.
Aus­si bien le pro­jet d’une inter­ven­tion turque que celui d’une sub­ver­sion menée à par­tir du Liban seront voués à l’échec. Car ceux qui ont ima­gi­né ces plans n’ont pas pris en compte la réac­tion de l’armée syrienne et des alliés de Damas qui ont la capa­ci­té de se défendre —et même d’attaquer— sur un front long de plu­sieurs mil­liers de kilo­mètres.
La ten­dance en Syrie

Washing­ton et ses amis tor­pillent le plan de paix de la Ligue arabe
La crise en Syrie a per­mis de faire tom­ber la der­nière feuille de vigne qui cachait encore le peu de viri­li­té dont peut se van­ter la Ligue arabe, qui était naguère incon­tour­nable dans le pay­sage poli­tique inter­na­tio­nal. Cette ins­ti­tu­tion, ou ce qu’il en reste, n’est plus qu’un ins­tru­ment que les États-Unis mani­pulent pour ser­vir leurs propres inté­rêts.

C’est ain­si que l’initiative arabe a été concoc­tée par le Qatar dans l’espoir qu’elle soit reje­tée par le lea­der­ship syrien. De la sorte, le dos­sier de la crise syrienne serait ren­voyé au Conseil de sécu­ri­té avec une cou­ver­ture arabe, selon le même pro­ces­sus obser­vé dans le dos­sier libyen. Consciente de la nature du com­plot dont elle est vic­time, la Syrie n’est pas tom­bée dans le piège et a accep­té le plan arabe, son prin­ci­pal sou­ci étant de trou­ver une issue paci­fique à la crise et de ne pas embar­ras­ser ses amis des BRICS (Bré­sil, Rus­sie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Lorsque le Qatar a sen­ti que Damas allait accep­ter l’initiative, son ministre des Affaires étran­gères, Hamad Ben Jas­sem, a tenu des pro­pos peu diplo­ma­tiques, frô­lant l’insolence, à l’adresse de la direc­tion syrienne, dans le but de la pro­vo­quer et de la pous­ser à reje­ter le plan. Mais c’était mal connaitre les diri­geants syriens qui savent gar­der leur sang froid en période de crise. Aus­si, ont-ils accep­té le plan et annon­cé qu’ils en appli­que­raient toutes les clauses. Ils ont libé­ré quelque 700 déte­nus et annon­cé le retrait immi­nent de l’armée des villes. La réac­tion de Washing­ton, des pays euro­péens et de la Tur­quie, illustre par­fai­te­ment leurs inten­tions. Au lieu d’encourager toutes les par­ties à faire preuve de bonne volon­té et de sagesse, ils ont mis en doute les inten­tions de Damas, comme pour encou­ra­ger l’opposition syrienne à ce pas coopé­rer. Les États-Unis sont allés beau­coup plus loin en conseillant aux groupes armés en Syrie de ne pas remettre les armes et de ne pas accep­ter l’offre d’amnistie immé­diate pré­sen­tée par les auto­ri­tés syriennes. Ensuite, le pré­sident du Conseil natio­nal syrien (CNS), Burhane Gha­lioun, a annon­cé du Caire le refus de tout dia­logue avec le régime de Bachar el-Assad. Cela signi­fie, en clair, que l’opposition, appuyée par Washing­ton, tor­pillait l’initiative arabe.

Au lieu de faire pres­sion sur le CNS, le secré­taire géné­ral de la Ligue arabe, Nabil Al-Ara­bi, a mul­ti­plié les cri­tiques à l’adresse de Damas. Et avant même que le délai de deux semaines accor­dée à la Syrie pour mettre en œuvre les clauses du plan ne soit écou­lé, la Ligue a accu­sé la Syrie de ne pas hono­rer ses enga­ge­ments et à déci­dé de convo­quer une réunion minis­té­rielle urgente pour débattre de la situa­tion dans le pays.

La col­lu­sion entre cer­tains pays membres de la Ligue et les groupes armés en Syrie ne fait plus aucun doute. La convo­ca­tion de la réunion est inter­ve­nue après la défaite cui­sante des extré­mistes armés qui ont per­du leur bas­tion de Baba Amr, à Homs, d’où ils ter­ro­ri­saient la popu­la­tion et har­ce­laient les troupes régu­lières.

Selon des sources bien infor­mées, l’Armée syrienne a décou­vert dans ce quar­tier un hôpi­tal de cam­pagne sou­ter­rain, des dépôts d’armes de tous calibres et une infra­struc­ture insur­rec­tion­nelle sophis­ti­quée. Une cen­taine d’extrémistes armés se sont ren­dus ou ont été cap­tu­rés dans les opé­ra­tions mili­taires qui ont duré une semaine.

Situé à l’ouest de Homs, Baba Amr avait une pro­fon­deur géo­gra­phique qui le reliait direc­te­ment au Liban, loin de 22 kilo­mètres seule­ment. Armes, argent, maté­riels et ren­forts en hommes étaient ache­mi­nés via le Liban aux insur­gés à tra­vers le vil­lage syrien de Kous­seir. Sa chute consti­tue un coup dur aux extré­mistes et à leurs sou­tiens occi­den­taux. C’est ce qui explique la réac­tion hys­té­rique de la Ligue arabe.

Décla­ra­tions et prises de posi­tions

Michel Slei­man, pré­sident de la Répu­blique liba­naise

« Je salue l’accord auquel est par­ve­nu la Ligue arabe sur la Syrie. Cette ini­tia­tive per­met à la Ligue de récu­pé­rer son rôle dans le règle­ment des causes arabes sans ingé­rence étran­gère. »

Alain Jup­pé, ministre fran­çais des Affaires étran­gères

Extraits d’une inter­view accor­dée au quo­ti­dien saou­dien Ach Sharq Al Awsat

« Ce qui se passe en Syrie est dan­ge­reux d’abord par rap­port au peuple syrien, au vu du nombre crois­sant de morts, mais c’est éga­le­ment une menace qui risque de por­ter atteinte à la sta­bi­li­té de l’ensemble de la région. Il y a évi­dem­ment les consé­quences sur le Liban, mais aus­si l’augmentation des ten­sions dans les rela­tions avec la Tur­quie et les consé­quences poten­tielles sur les rela­tions avec Israël. Cette crise nous pré­oc­cupe donc pour son impact sur la sta­bi­li­té de l’ensemble de la région, c’est pour­quoi le Conseil de sécu­ri­té doit se pro­non­cer sur le sujet. Nous ne devons pas inter­ve­nir dans les affaires internes des États, mais en 2005 l’Onu a recon­nu le prin­cipe de la res­pon­sa­bi­li­té de pro­té­ger les civils. Ce prin­cipe per­met à la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale de se sub­sti­tuer à un gou­ver­ne­ment si ce der­nier s’avère inca­pable de pro­té­ger ses citoyens. Ce cas se pré­sente en Syrie aujourd’hui. Il y a ensuite les risques de désta­bi­li­sa­tion régio­nale, qui relèvent de la res­pon­sa­bi­li­té du Conseil de sécu­ri­té qui doit aver­tir et prendre des mesures pour empê­cher les atteintes à la sta­bi­li­té dans la région et au Liban en par­ti­cu­lier (…) Le Liban souffre d’autres pro­blèmes à part les réper­cus­sions de la situa­tion en Syrie. Il y a notam­ment le dos­sier du TSL, et en par­ti­cu­lier l’engagement du Liban à l’égard du finan­ce­ment du Tri­bu­nal d’une part, et de la recon­duc­tion de son man­dat au prin­temps pro­chain d’autre part. »

Najib Mika­ti, Pre­mier ministre du Liban

« Si le Liban dans son ensemble sou­te­nait le régime syrien ou bien s’y oppo­sait, nous ne pou­vons rien faire. Nous avons adop­té la neu­tra­li­té, com­ment peut-on dire que cela n’est pas posi­tif ? Je veux évi­ter à mon pays de boire quelque coupe amère que ce soit et nous devons nous pro­té­ger de tout ce qui peut por­ter atteinte à l’intérêt du Liban, à sa paix civile. Les rapts d’opposants syriens au Liban se sont pro­duits il y a plu­sieurs mois, avant la for­ma­tion de mon gou­ver­ne­ment (…) Il existe, certes, des cas indi­vi­duels, mais nous ne pou­vons pas géné­ra­li­ser et dire que toute la situa­tion est instable. Il y a eu des inci­dents, mais iso­lés. La jus­tice fait son devoir et nous la sou­te­nons. L’opposition a le droit de dire ce que bon lui semble, mais moi, je ne veux pas com­pa­rer la réa­li­té du cabi­net que je pré­side avec les gou­ver­ne­ments pré­cé­dents, leur nature ou com­ment leurs membres allaient en Syrie, même si je suis convain­cu que cela n’a rien de hon­teux. Mon sou­ci est de pré­ser­ver l’unité natio­nale. Ceux qui nous demandent d’adopter une autre posi­tion et ceux qui oublient que notre socié­té est divi­sée, que les Liba­nais sont divi­sés sont irres­pon­sables. Je ne m’attends pas que le Hez­bol­lah sou­tienne le TSL après avoir été poin­té du doigt par son acte d’accusation. Ce dont je suis cer­tain, en revanche, c’est que l’intérêt du Liban est impor­tant pour le Hez­bol­lah et son chef. Ma posi­tion est ferme. Je m’engage tota­le­ment à l’application des réso­lu­tions onu­siennes, dont la 1757 sur le Tri­bu­nal inter­na­tio­nal et son finan­ce­ment. J’aspire à la pré­ser­va­tion de la sta­bi­li­té du Liban et je n’envisage pas de démis­sion­ner pour le moment. »

Michel Aoun, prin­ci­pal lea­der chré­tien liba­nais

« Les armes de la Résis­tance n’ont pas besoin de per­mis dans tous les pays. Nous sou­te­nons le dia­logue à condi­tion de déter­mi­ner les sujets de dis­cus­sion. Que les per­sonnes concer­nées se penchent sur la vision que j’avais pré­sen­tée pour éla­bo­rer une stra­té­gie de défense. La déci­sion de guerre et de paix n’est pas entre les mains du Hez­bol­lah mais entre celles d’Israël et des États-Unis (…) J’ai sur­mon­té toutes les ten­ta­tives d’isolement visant à m’écarter de la vie poli­tique. Un mil­liard de dol­lars ont été ver­sés durant les élec­tions en 2009 pour me faire sor­tir du champ poli­tique. Nos détrac­teurs sont prêts à ver­ser de nou­veau 3 mil­liards de dol­lars cette fois-ci pour finan­cer les légis­la­tives en 2013. »

Moham­mad Raad, chef du bloc par­le­men­taire du Hez­bol­lah

« L’ennemi israé­lien tra­verse actuel­le­ment la pire période de son exis­tence. Par consé­quent, il est inca­pable de mener une guerre contre le Liban. Les évè­ne­ments régio­naux visent les mou­ve­ments résis­tants qui ont pu mettre un terme à l’hégémonie de l’Occident. La Résis­tance au Liban a por­té un coup à l’ennemi qui est désor­mais inca­pable de garan­tir le suc­cès de ses objec­tifs poli­tiques à tra­vers une guerre. L’ennemi se débat dans ses propres pro­blèmes, inca­pable d’affronter toute crise et se suf­fit de lan­cer des menaces. »

Jef­frey Felt­man, secré­taire d’État adjoint états-unien pour le Proche-Orient

« Nous nous atten­dons à ce que le Liban honore la tota­li­té de ses enga­ge­ments inter­na­tio­naux car le tri­bu­nal a été créé sur demande du gou­ver­ne­ment liba­nais et des Liba­nais sur­tout que le Liban est membre du Conseil de sécu­ri­té. Le cas échéant, nous pren­drons les mesures puni­tives contre lui liées à ses rela­tions avec les États-Unis et d’autres pays. »

Revue de presse

As Safir (Quo­ti­dien liba­nais proche de la majo­ri­té, 05 novembre 2011)

Nabil Hai­tham

La visite à Mos­cou d’une délé­ga­tion du Hez­bol­lah a don­né lieu à une cam­pagne menée par les par­ties lésées afin d’en mini­mi­ser l’importance et de défor­mer les prises de posi­tion russes expri­mées à cette occa­sion. Cette cam­pagne a même fait état d’une pré­ten­due menace russe rela­tive à des sanc­tions contre le Liban s’il n’honore pas ses enga­ge­ments vis-à-vis du TSL, arri­vant même au point d’appeler le pré­sident du Conseil des ministres Najib Mika­ti à démis­sion­ner dans un tel cas de figure. La Rus­sie, sur­prise par ces rumeurs, a décré­té une mobi­li­sa­tion diplo­ma­tique pour faire par­ve­nir une riposte sévère aux par­ties concer­nées, sous forme d’un démen­ti qui remet les pen­dules à l’heure. Elle a don­né des ins­truc­tions à son ambas­sa­deur au Liban pour éta­blir des contacts directs avec le Hez­bol­lah et cou­per l’herbe sous les pieds de ceux qui sont visi­ble­ment aga­cés par l’ouverture de Mos­cou envers la Résis­tance. Une ren­contre élar­gie a donc eu lieu il y a quelques jours entre une délé­ga­tion du Hez­bol­lah et des res­pon­sables de l’ambassade de Rus­sie, dans le pro­lon­ge­ment des dis­cus­sions déjà enta­mées à Mos­cou. Les ten­ta­tives de semer la ziza­nie entre les deux par­ties auront donc eu l’effet inverse : elles ont ren­for­cé le rap­pro­che­ment et la confiance réci­proque.

As Safir (05 novembre 2011)

Sateh Nou­red­dine

L’opposition syrienne a cédé à la pré­ci­pi­ta­tion en annon­çant l’échec de l’initiative arabe et en appe­lant à pas­ser à la phase sui­vante, celle de l’internationalisation. Cet empres­se­ment était dû à la sur­prise de l’opposition, qui s’attendait à voir le régime reje­ter l’initiative arabe, pour qu’elle lance la seconde vague du mou­ve­ment de contes­ta­tion. L’auteur estime que le régime syrien semble avoir plus confiance en lui-même que l’opposition : ce régime est convain­cu que la bataille s’est enga­gée dans la der­nière ligne droite, et que ce qu’il en reste ne peut pas être pire que ces huit der­niers mois. Plus impor­tant encore, il sait per­ti­nem­ment que l’internationalisation n’est pas une menace sérieuse que les Arabes peuvent faci­le­ment agi­ter lorsqu’ils se heurtent à une impasse. Elle doit être pré­cé­dée d’une déci­sion arabe claire et expli­cite, mais il est impos­sible qu’une telle déci­sion rem­porte aujourd’hui l’unanimité, ou ne serait-ce que la majo­ri­té écra­sante. Elle doit éga­le­ment être sui­vie de signaux inter­na­tio­naux annon­çant sérieu­se­ment une volon­té d’intervenir en Syrie, mais de tels signaux n’ont tou­jours pas été don­nés par Washing­ton, Paris et Londres, et ne le seront pas de sitôt.

As Safir (04 novembre 2011)

Un sit-in silen­cieux a été orga­ni­sé par le comi­té des amis de Georges Ibra­him Abdal­lah devant le stand de la Mis­sion Cultu­relle Fran­çaise au 18ème Salon du Livre Fran­co­phone, de Bey­routh. Les par­ti­ci­pants ont dis­tri­bué un com­mu­ni­qué dénon­çant l’injustice subie par le pri­son­nier poli­tique Georges Abdal­lah et appe­lant les intel­lec­tuels fran­co­phones au Liban à « hono­rer leurs valeurs cultu­relles et humaines en se soli­da­ri­sant avec un pri­son­nier liba­nais vic­time de déten­tion arbi­traire dans les pri­sons fran­çaises ». Le com­mu­ni­qué pré­cise que « la pour­suite de sa déten­tion est une ven­geance amé­ri­caine à laquelle est sou­mise la jus­tice fran­çaise ». Le com­mu­ni­qué ajoute : « Le Salon du Livre Fran­co­phone de Bey­routh se penche sur les thèmes de la liber­té et du prin­temps arabe. Des intel­lec­tuels fran­çais et liba­nais évoquent les ‘bour­geons de la liber­té qui fleu­rissent’. Qu’en-est-il des bour­geons de la liber­té en France ? La France ne ferait-elle pas mieux de se libé­rer de sa sou­mis­sion totale à l’hégémonie amé­ri­caine, au lieu d’envoyer ses sol­dats libé­rer les pays du Sud ? Ne ferait-elle pas mieux de sau­ve­gar­der sa sou­ve­rai­ne­té judi­caire et de libé­rer Georges Abdal­lah ? »

As Safir (1er novembre 2011)

Le pré­sident de la Chambre Nabih Ber­ry a affir­mé qu’il n’y a pas de rai­son de trai­ter la ques­tion du finan­ce­ment du Tri­bu­nal spé­cial pour le Liban (TSL) avec pré­ci­pi­ta­tion. L’une des issues pos­sibles est jus­te­ment de prendre le temps néces­saire pour bien trai­ter le dos­sier loin de la pres­sion des délais. Il n’y a pas de délai fixe et défi­ni­tif à res­pec­ter, même le gou­ver­ne­ment Hari­ri ne s’est pas tenu à un délai pré­cis pour le finan­ce­ment. Ber­ry a esti­mé que le gou­ver­ne­ment a jusqu’à mars pro­chain pour se pro­non­cer, et pas jusqu’à la fin du mois comme cer­tains l’affirment. Il rap­pelle que tout ce que le Liban a reçu de la part de l’Onu à ce sujet, c’est une lettre deman­dant au Liban de for­mu­ler ses remarques sur l’augmentation du mon­tant de la contri­bu­tion liba­naise au finan­ce­ment du TSL, en rai­son du chan­ge­ment du cours de l’euro. Nabih Ber­ry et Najib Mika­ti laissent entendre qu’il y a encore un espoir et semblent miser sur le fac­teur temps pour trou­ver la solu­tion miracle.

An Nahar (Quo­ti­dien liba­nais proche du 14-Mars. édi­tion du 05 novembre 2011)

Sar­kis Naoum

Le régime syrien a trans­mis à l’administration fran­çaise à tra­vers un inter­mé­diaire offi­ciel liba­nais un mes­sage oral qui explique sa posi­tion sur le mou­ve­ment de contes­ta­tion. Selon des sources euro­péennes et liba­naises dignes de foi, le mes­sage pro­vient du com­man­de­ment syrien et peut-être du pré­sident Bachar al-Assad en per­sonne. Le mes­sage indique que le pré­sident Assad ne quit­te­ra pas le pou­voir, quelles que soient les pres­sions internes ou externes qu’il subit. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas ouvert aux réformes, et au dia­logue comme moyen pour y par­ve­nir.

Le départ du pré­sident Assad signi­fie la fin d’un régime qui a assu­ré la sta­bi­li­té en Syrie pen­dant plus de quatre décen­nies. Ce départ ouvri­rait la voie au chaos, à la vio­lence et peut-être à la divi­sion du pays.
Le régime syrien évite encore d’entrer en confron­ta­tion avec la Tur­quie, en espé­rant qu’elle retrou­ve­rait un sem­blant de « ratio­na­li­té et de sagesse ». Si la Tur­quie décide cepen­dant d’intervenir mili­tai­re­ment en Syrie ou d’engager des acti­vi­tés mili­taires hos­tiles à la Syrie, directes ou indi­rectes, la réponse syrienne sera la guerre. La Tur­quie refuse jusqu’à pré­sent de mener une action mili­taire contre le régime syrien, peut-être en rai­son de l’absence de cou­ver­ture arabe ou d’une déci­sion inter­na­tio­nale allant dans ce sens.
Si le régime syrien est la cible d’une agres­sion exté­rieure arabe, turque, isla­mique ou inter­na­tio­nale, la Finul au Liban ne sera pas à l’abri des réac­tions poten­tielles, ni les grands pays qui cou­vri­raient l’agression et qui par­ti­cipent à la force inter­na­tio­nale, notam­ment la France, et peut-être l’Italie et d’autres pays.

Inter­ro­gées sur l’écho de ce mes­sage syrien dans les cercles fran­çais, les sources diplo­ma­tiques euro­péennes ne donnent pas de réponse déci­sive, mais se contentent d’expliquer que l’administration fran­çaise est tiraillée entre deux points de vue presque contra­dic­toires sur la crise en Syrie. Le pre­mier pré­fère qu’il n’y ait pas de chan­ge­ment en Syrie, parce qu’il vaut mieux avoir au pou­voir une équipe connue que des par­ties incon­nues qui pour­raient être pire. Cette ligne poli­tique est incar­née par Claude Guéant qui avait été char­gé par Nico­las Sar­ko­zy de la rela­tion avec la Syrie, avant sa dété­rio­ra­tion. Le deuxième point de vue, défen­du par le chef de la diplo­ma­tie Alain Jup­pé, prône le départ d’Assad et de ses sem­blables et la chute de leurs régimes. Il ne voit pas d’inconvénient à l’intégration des isla­mistes dans le pro­ces­sus poli­tique dans leurs pays où ils coopé­re­raient avec les libé­raux, les laïcs et l’armée, ce qui éta­bli­rait un équi­libre rai­son­nable favo­ri­sant l’instauration de régimes modernes.

An Nahar (04 novembre 2011)

Paris, Samir Tué­ni

Des sources occi­den­tales se demandent pour­quoi les orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes pro-syriennes sont réap­pa­rues dans les camps de réfu­giés pales­ti­niens au Liban. L’influence de l’organisation pales­ti­nienne la Saï­ka avait bais­sé après le retrait de l’armée syrienne du Liban en 2005. Des élé­ments de la Saï­ka sont cepen­dant retour­nés au Liban à tra­vers les fron­tières com­munes avec la Syrie. Ils se sont déployés dans dif­fé­rents camps de réfu­giés, notam­ment Bed­daoui au Nord, Bourj Al-Bara­j­neh au Sud de Bey­routh et Aïn el-Heloué près de Saï­da. La Saï­ka s’est restruc­tu­rée au niveau du com­man­de­ment : une nou­velle géné­ra­tion de jeunes a pris les rênes de l’organisation, consi­dé­rée comme une for­ma­tion pales­ti­nienne à la solde du régime syrien.

Des sources sécu­ri­taires craignent d’éventuelles fric­tions entre ces élé­ments et les com­bat­tants d’autres orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes pré­sentes dans les camps, comme le Fatah, ou les groupes qui sou­tiennent la révolte syrienne. On craint en outre un retour des assas­si­nats poli­tiques au Liban si la situa­tion sécu­ri­taire en Syrie se dégrade.

La situa­tion au Liban-Sud demeure incer­taine. Des sources euro­péennes de pays par­ti­ci­pant à la Finul affirment déte­nir depuis quelques mois des infor­ma­tions sur la pré­pa­ra­tion d’une offen­sive israé­lienne contre le Liban visant à détruire les capa­ci­tés mili­taires du Hez­bol­lah. Ces don­nées coïn­cident avec des infor­ma­tions média­tiques évo­quant une polé­mique au sein du gou­ver­ne­ment israé­lien autour d’une poten­tielle offen­sive israé­lienne contre les ins­tal­la­tions nucléaires ira­niennes

An Nahar (31 octobre 2011)

Selon des sources de sécu­ri­té, le radar du contin­gent fran­çais de la Finul à Deir Kifa a repé­ré un objet étrange dans la région entre Froun-Kos­say­bé, Kfar­sir et Sri­fa. Aler­tée, l’Armée liba­naise a ratis­sé la région. Des rumeurs ont cir­cu­lé sur le crash d’un drone israé­lien aux alen­tours de la loca­li­té de Froun. Les ser­vices de sécu­ri­té, l’armée et des uni­tés de la Finul se sont mobi­li­sés et une vaste cam­pagne de ratis­sage a été orga­ni­sée, mais rien n’a été décou­vert. Le len­de­main, le contin­gent fran­çais a réaf­fir­mé que ses radars ont cap­té les mêmes ondes dans le même sec­teur. Des sources de sécu­ri­té à Naba­tiyé estiment pos­sible que l’objet sus­pect soit un robot-espion israé­lien, télé­com­man­dé par satel­lite. Les Israé­liens sont capables de le faire explo­ser à la fin de sa mis­sion.

Al Akh­bar (Quo­ti­dien liba­nais proche de la majo­ri­té, 04 novembre 2011)

Nico­las Nas­sif

La diplo­ma­tie russe insiste sur le sou­tien et la coopé­ra­tion avec le Tri­bu­nal spé­cial pour le Liban (TSL), y com­pris au niveau du finan­ce­ment. Mos­cou éta­blit cepen­dant une dis­tinc­tion claire entre le sou­tien au TSL et l’imposition de sanc­tions sur le Liban s’il ne verse pas sa contri­bu­tion.

La réso­lu­tion 1757 ne pré­voit pas de sanc­tions si le Liban n’honore pas ses enga­ge­ments. Il en va de même pour la réso­lu­tion 1559 : les clauses qui concernent le désar­me­ment du Hez­bol­lah n’ont tou­jours pas été appli­quées, mais per­sonne n’a bran­di des sanc­tions inter­na­tio­nales contre le Liban.

Des ambas­sa­deurs accré­di­tés à Bey­routh doutent que le Conseil de sécu­ri­té impose des sanc­tions contre le Liban, mais n’écartent pas la pos­si­bi­li­té que des mesures indé­pen­dantes soient prises par des gou­ver­ne­ments euro­péens ou par Washing­ton et Paris qui tiennent le dis­cours le plus intran­si­geant sur le finan­ce­ment du TSL.

Al Akh­bar (03 novembre 2011)

Jean Aziz

Le Liban, confron­té à la crise syrienne, s’est scin­dé en deux camps, qui ont tou­te­fois un point com­mun : l’attentisme. Le pre­mier camp est celui de Saad Hari­ri, dont le pari est clai­re­ment affi­ché. C’est un camp qui a déci­dé depuis des mois de démis­sion­ner de la vie poli­tique inté­rieure et d’opter pour la poli­tique de l’attentisme, qui prend pour point de départ les évé­ne­ments en Syrie. Ce fai­sant, il a renon­cé au rôle fon­da­men­tal d’opposition construc­tive, et s’est conten­té de suivre de près l’évolution de l’actualité en Syrie, étant réso­lu­ment convain­cu que le dénoue­ment de cette crise ser­vi­ra de levier pour son retour au pou­voir.

Le second camp suit la même approche atten­tiste. Il attend que la Syrie triomphe de sa crise et en sorte plus puis­sante qu’auparavant, pour se livrer à un règle­ment de comptes avec le camp adverse.

Que se pas­se­ra-t-il s’il s’avère impos­sible que la Syrie rede­vienne ce qu’elle était avant le 17 mars der­nier, et impos­sible, aus­si, que le régime s’effondre comme ce fut le cas en Tuni­sie, en Égypte ou en Libye ? Qu’adviendra-t-il si le sta­tu quo actuel per­dure indé­fi­ni­ment ? Que fera alors le Liban ?

Al Mous­ta­q­bal (Quo­ti­dien appar­te­nant à la famille Hari­ri, 03 novembre 2011)

Rou­ba Kab­ba­ra

Le gou­ver­ne­ment de Najib Mika­ti appuie ouver­te­ment ou impli­ci­te­ment, depuis les plus hautes tri­bunes arabes et inter­na­tio­nales, le régime du pré­sident syrien Bachar el-Assad . Plus encore, les prises de posi­tion de ce gou­ver­ne­ment vis-à-vis de la crise syrienne ramènent le Liban à l’ère de la tutelle de Damas, même s’il n’y a plus aucun sol­dat syrien sur le sol liba­nais. Il est néces­saire d’intensifier l’appui au prin­temps arabe, notam­ment en Syrie, et d’organiser un congrès à l’échelle natio­nale pour tra­duire en actes les dis­cours de sou­tien aux révoltes popu­laires arabes.

Conflict Forum (Centre de recherche états-unien anti-impé­ria­liste)

Amal Saad-Gho­rayyeb

Il faut com­prendre la défense achar­née, par le Hez­bol­lah, du régime d’Assad comme fai­sant par­tie du bras de fer régio­nal entre le « pro­jet natio­na­liste de résis­tance » que mène l’Iran, la Syrie, le Hez­bol­lah et le Hamas et le « pro­jet US » que mène les alliés arabes des Etats-Unis. Pour le Hez­bol­lah, la Syrie n’est pas qu’une plate-forme de tra­fic d’armes, mais comme le dirait Has­san Nas­ral­lah, « le seul régime de résis­tance dans la région ». Dans la balance, il faut éga­le­ment inclure le fait que le régime de Damas est un sou­tien indé­fec­tible de la cause pales­ti­nienne.

C’est dans cette pers­pec­tive glo­bale que les « résis­tants » craignent la col­lu­sion d’acteurs étran­gers en Syrie qui rêve­raient de rem­pla­cer le régime d’Assad par un pou­voir qui res­sem­ble­rait aux États modé­rés de la région, « prêts à signer la paix avec Israël ». Et puis, il faut voir dans ce sou­tien une consi­dé­ra­tion phi­lo­so­phique. Le Hez­bol­lah a une com­pré­hen­sion par­ti­cu­lière de la liber­té, concept que l’Occident lie inti­me­ment à l’auto-détermination des peuples. Pour les paran­gons de la Résis­tance, celui qui est libre doit lut­ter pour la jus­tice, contre les inéga­li­tés que créent les États-Unis. La méfiance du Hez­bol­lah à l’égard du sou­lè­ve­ment syrien est inhé­rente à son mode de pen­sée.

The Inde­pendent (Quo­ti­dien bri­tan­nique, 28 octobre 2011)

Robert Fisk

Le ser­gent Jas­sem Abdul-Raheem She­ha­di et le sol­dat Ahmed Kha­laf Adal­li de l’armée syrienne ont trans­fé­rés vers le lieu où ils doivent être enter­rés, avec le céré­mo­nial vou­lu par leur famille : des cer­cueils dra­pés du dra­peau syrien, des trom­pettes et tam­bours, des cou­ronnes por­tées par leurs cama­rades et la pré­sence de leur com­man­dant.

Et pour finir, la marche funèbre de Cho­pin —mélan­gée avec des youyous du per­son­nel de l’Hôpital Techrine où leurs restes avaient été trans­fé­rés— puis ensuite le voyage de neuf heures en ambu­lance jusqu’à leur ville natale, Rak­ka. She­ha­di avait 19 ans et Adal­li 20. Et leurs oncles ont juré qu’ils étaient morts pour le pré­sident Bachar al-Assad.

Ils ont été abat­tus dans Deraa —par des sni­pers, selon leur com­man­dant, le major Walid Hatim — . « Des ter­ro­ristes », a‑t-il décla­ré à plu­sieurs reprises. Les adver­saires Assad peuvent n’éprouvrer aucune sym­pa­thie pour ces sol­dats tués, mais ces deux cer­cueils sug­gèrent qu’il y a pas qu’un seul récit de la Révo­lu­tion syrienne.

Des offi­ciers syriens m’ont dit hier que 1150 sol­dats ont été tués en Syrie au cours des sept der­niers mois, un nombre de morts tout à fait extra­or­di­naires pour les troupes régu­lières syriennes, si ces don­nées sont exactes. Dans la mon­tagne Zawiya près de Idlib, le major Hatim m’a affir­mé que 30 sol­dats syriens avaient été tués dans une embus­cade. Maz­je­ra était le mot qu’il a uti­li­sé : un mas­sacre.

L’oncle de She­ha­di, Salim Abdul­lah, vêtu d’une abaya mar­ron et tirant for­te­ment sur ​​une ciga­rette, était au bord des larmes. « Mon neveu avait trois frères et deux sœurs, et ils sont très pauvres », a‑t-il dit. « Sa mère, Arash devra désor­mais être prise en charge par nous. Ces meur­triers ont tué l’espoir de notre famille. Il était le plus jeune gar­çon. »
Der­rière Salim She­ha­di, les troupes syriennes se tenaient en tenue de com­bat tan­dis que les cer­cueils étaient ame­nés de la morgue de l’hôpital. Tous les mili­taires syriens tués ont quit­té par le sombre por­tail l’hôpital de Techrine.

Le major Hatim m’a expli­qué que les deux sol­dats ont été tués dans une embus­cade bien orga­ni­sée ; le sni­per tirait depuis une posi­tion entre deux mai­sons. Il y avait une conver­gence étrange dans cette des­crip­tion. Les adver­saires de M. Assad pré­tendent sou­vent que ce sont eux qui sont abat­tus par des tireurs d’élite qui uti­lise la cou­ver­ture des bâti­ments.
Mais peu de gens en Syrie doute que désor­mais ‑aus­si paci­fiques et pour­tant san­glantes que puissent être les mani­fes­ta­tions anti-gou­ver­ne­men­tales à Homs et à Hama- que l’armée syrienne est deve­nue une cible majeure. Inutile de dire que le major Hatim, un vété­ran de l’armée de 25 ans, était aus­si un par­ti­san du pré­sident.

Hatim m’a par­lé de la « résis­tance » de la Syrie aux côtés des Pales­ti­niens, que les sol­dats avaient par­fois à mou­rir pour leur pays et que leur enne­mi est Israël. On parle beau­coup à Damas d’une « main étran­gère » der­rière les mas­sacres en Syrie, bien que le major ait admis que, dans ce cas « mal­heu­reu­se­ment, les tueurs sont syriens ».

Mais Salim Abdal­lah She­ha­di vou­lait en dire plus. « J’espère que vous serez hon­nête et direz la véri­té », m’a‑t-il dit. « Dites la véri­té sur l’assassinat du peuple syrien. Les mains des ter­ro­ristes m’ont pris mon neveu. Nous sommes tous prêts à être des mar­tyrs pour la Syrie et pour notre pré­sident Assad. » Cela sem­blait trop for­ma­té, ce petit dis­cours d’un homme en deuil, et un jour­na­liste doit tou­jours se deman­der si cela était pré­pa­ré. Pour­tant, les mili­taires avaient eu seule­ment quatre minutes avant mon arri­vée pour l’enterrement, et je doute qu’ils aient pu condi­tion­ner ce pauvre homme pour qu’il me dise ces mots.

Pierre Kha­laf

Source New Orient News (Liban)