Hugo Chavez : “Triste la révolution qui dépend d’un seul homme.”

Depuis 1998, 16 élections ont eu lieu au Venezuela et ont toutes été validées par les observateurs internationaux...

mar­di 12 avril 2011

“Triste la révo­lu­tion qui dépend d’un seul homme. Ce ne serait pas une révo­lu­tion, elle serait trop fra­gile pour pré­tendre en être une ». C’est ce qu’a répon­du le pré­sident Cha­vez à la ques­tion du jour­na­liste uru­guayen Fede­ri­co Fasa­no, sur ce qui se pas­se­rait au Vene­zue­la sans lui. Le man­da­taire a insis­té sur le fait que le pro­ces­sus poli­tique qui se vit au Vene­zue­la est une situa­tion sui gene­ris. « Je ne me crois pas indis­pen­sable. Per­sonne n’est indis­pen­sable » a‑t-il dit. Il a rap­pe­lé un épi­sode de sa vie : à 18 ans il avait failli mou­rir noyé dans une rivière de son Etat natal de Bari­nas, dans les Lla­nos véné­zué­liens. « Croyez-vous que si je m’étais noyé ce jour-là, la Révo­lu­tion Boli­va­rienne n’aurait pas eu lieu ? L’homme indi­vi­duel apporte son style, son rythme… à des pro­ces­sus qui ne dépendent pas d’un seul homme, mais qui sont le pro­duit d’un temps his­to­rique » a‑t-il affir­mé.

Révo­lu­tion paci­fique mais armée


« On ne peut pas mener une révo­lu­tion pleine et pro­fonde sans pou­voir la défendre »
a dit le Pré­sident Cha­vez, inter­ro­gé sur la poli­tique mili­taire de la Révo­lu­tion Boli­va­rienne. Il a affir­mé que cette poli­tique est orien­tée vers l’intégration humaine des forces armées dans révo­lu­tion sociale. Il a rap­pe­lé que dans le cas de la Révo­lu­tion cubaine, Fidel a dû créer une armée, contrai­re­ment au cas véné­zué­lien où la rébel­lion a sur­gi des casernes.

Il a conclu qu’« aujourd’hui, les forces mili­taires véné­zué­liennes sont une force qui se défi­nit fiè­re­ment comme anti-impé­ria­liste, révo­lu­tion­naire, socia­liste », et a affir­mé que « sans eux (les mili­taires) il serait impos­sible d’avancer »

Il a rap­pe­lé les évè­ne­ments du 11 avril 2002, lorsque s’est pro­duit le coup d’Etat diri­gé par l’impérialisme éta­su­nien et l’oligarchie véné­zué­lienne, mené par cer­tains hauts gra­dés for­més par la School of Ame­ri­cas (NDT : école éta­su­nienne par laquelle sont pas­sés un grand nombre de dic­ta­teurs et de bour­reaux). « Leur coup a échoué. Les capi­taines ont conti­nué à m’appuyer, les sol­dats m’ont libé­ré et se sont unis au peuple… pas un seul sol­dat n’a tiré contre le peuple » a‑t-il expli­qué.


« Pour­quoi as-tu été si géné­reux avec les vain­cus ? » “Est-ce une carac­té­ris­tique de la Révo­lu­tion Boli­va­rienne ?”
a deman­dé Fasa­no. « Oui, je crois qu’il faut être géné­reux, écar­ter la ran­cune » a répon­du Cha­vez.

A 12 ans de son écra­sante pre­mière vic­toire élec­to­rale comme Pré­sident de la Répu­blique, Cha­vez et son gou­ver­ne­ment conti­nuent d’étendre les droits poli­tiques, éco­no­miques et sociaux.

En 2010, les élec­tions légis­la­tives ont mar­qué un moment par­ti­cu­lier dans la conso­li­da­tion de la démo­cra­tie et des droits civils et poli­tiques dans le pays. Ces élec­tions ont vu la par­ti­ci­pa­tion d’une qua­ran­taine de par­tis de la gauche à la droite et 66% de par­ti­ci­pa­tion, un niveau his­to­rique à ce type d’élection. Les par­tis de l’opposition ont choi­sis de reve­nir dans le jeu démo­cra­tique et ont gagnés 65 des 165 sièges à l’Assemblée Natio­nale.

Depuis 1998, 16 élec­tions ont eu lieu au Vene­zue­la et ont toutes été vali­dées par les obser­va­teurs inter­na­tio­naux de l’UE ou de l’OEA, incluant l’historique réfé­ren­dum de 2004.

Mal­gré les accu­sa­tions de sup­po­sées atteintes à la liber­té d’expression, plus de 86% des médias uti­li­sant le spectre radio­élec­trique public sont dans les mains du sec­teur pri­vé et la plu­part d’entre eux sont contrô­lés par l’opposition poli­tique. Plus de 184 chaînes trans­mettent libre­ment au tra­vers du câble. Il suf­fit de regar­der les vifs débats dans la mul­tiple presse écrite et les titres dis­po­nibles dans les kiosques pour se rendre compte de la viva­ci­té de la liber­té d’expression et de la presse dans le pays.

D’après le rap­port régio­nal de l’ONG chi­lienne indé­pen­dante Lati­no­ba­ro­me­tro 2010, 84% des véné­zué­liens appuient la démo­cra­tie dans leur pays ; c’est l’indice le plus haut de la région.

De plus, depuis 1998, le gou­ver­ne­ment appuie for­te­ment les médias com­mu­nau­taires, sou­tient le déve­lop­pe­ment de l’industrie des pro­duc­teurs indé­pen­dants et l’accès à Inter­net pour tous les véné­zué­liens. Actuel­le­ment, plus de 33% de la popu­la­tion dis­pose d’un accès à Inter­net. Un énorme bond en avant, sachant qu’en 1998, il n’étaient que 3%. Ce qui a valu au Vene­zue­la de rece­voir en jan­vier 2011 un prix de l’UNESCO

Le Vene­zue­la a éga­le­ment fait d’énormes pro­grès dans la lutte contre la pau­vre­té, l’inégalité et l’exclusion sociale. Depuis 1998, la pau­vre­té a dimi­nué de moi­tié et la pau­vre­té extrême a chu­tée de deux tiers. Envi­ron 5 mil­lions de véné­zué­liens sont sor­tis de la pau­vre­té ou de l’indigence, selon des orga­nismes indé­pen­dants comme la CEPAL (ONU).

Les groupes tra­di­tion­nel­le­ment exclus, comme les femmes, les com­mu­nau­tés indi­gènes ou les groupe afro-des­cen­dants, se sont vus garan­tir leurs droits par la Consti­tu­tion de 1999, aug­men­tant ain­si leur par­ti­ci­pa­tion dans le pro­ces­sus de chan­ge­ment qui se déroule au Vene­zue­la.

A la fin 2010, quatre des cinq pou­voirs publics, comme le Tri­bu­nal Suprême ou l’Assemblée Natio­nale étaient (co-)dirigés par des femmes. Les groupes indi­gènes ont acquis pour la pre­mière fois 3 sièges à l’Assemblée Natio­nale, même s’ils ne sont que quelques pour cent de la popu­la­tion. 42.000 conseils com­mu­naux sont actifs à tra­vers tout le pays pour déci­der, réa­li­ser et sur­veiller les tra­vaux publics requis par les habi­tants, et les lois récentes ren­forcent cet état par­ti­ci­pa­tif, basé sur le pou­voir com­mu­nal. Enfin la réforme agraire (4 mil­lions d’hectares remis aux pay­sans) et le trans­fert des tech­no­lo­gies de par­te­naires du Sud per­mettent d’avancer rapi­de­ment dans la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire et le déve­lop­pe­ment de la pro­duc­tion natio­nale, pour sor­tir de la dépen­dance extrême du pays avant la révo­lu­tion.

Tra­duc­tion : Sebas­tian Fran­co

Surce : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1501&⟨=fr