Un collectif de « journalistes debout » se mobilise

Dans le cadre du mou­ve­ment Nuit Debout, nous avons pen­sé qu’il serait judi­cieux d’associer à cette conver­gence des luttes celle pour un jour­na­lisme res­pon­sable, hon­nête, libre, divers et de qua­li­té.

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Un col­lec­tif de « jour­na­listes debout » se mobi­lise

jeu­di 5 mai 2016

Nous relayons ci-des­sous un appel à témoi­gnages, lan­cé par trois jour­na­listes, Julien Bon­net, Sophie Eus­tache et Jes­si­ca Tro­chet, à l’attention de leurs consœurs et confrères. Les pré­oc­cu­pa­tions dont ils témoignent recoupent plei­ne­ment celles d’Acrimed (et de ZIN TV), qui sou­tient éga­le­ment l’objectif final : éta­blir un « Mani­feste des jour­na­listes debout ».

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Dans le cadre du mou­ve­ment Nuit Debout, nous avons pen­sé qu’il serait judi­cieux d’associer à cette conver­gence des luttes celle pour un jour­na­lisme res­pon­sable, hon­nête, libre, divers et de qua­li­té. Com­bat que nous menons déjà pour la plu­part mais qu’il serait bon d’affirmer en ces temps de poli­tique de l’info low-cost, de l’audience reine et du buzz. Poli­tique qui touche l’ensemble des médias : des agences de presse aux organes de presse écrite en pas­sant par la radio, la télé­vi­sion et inter­net.

Cette situa­tion se maté­ria­lise par un dis­cré­dit impor­tant auprès de nos lec­teurs, audi­teurs et télé­spec­ta­teurs. Dans le même temps, pous­sée par une volon­té extrême de ratio­na­li­sa­tion éco­no­mique, notre pro­fes­sion se pré­ca­rise. Le tout au pro­fit d’une abru­ti­sa­tion ram­pante de la socié­té.

Cet enga­ge­ment pren­dra la forme d’un Mani­feste des jour­na­listes debout, que nous vous invi­te­rons à signer, si vous êtes en accord avec son conte­nu.

Pour com­men­cer l’écriture de ce mani­feste, nous avons besoin de vos témoi­gnages :

Jour­na­listes, rédac­teurs, pigistes, JRI, pho­to­graphes de presse, docu­men­ta­listes radio, sta­giaires, pré­caires… vous tous dont le métier est de trans­mettre l’information

Vous avez été cen­su­rés dans la rue ou par votre hié­rar­chie

Vous tra­vaillez pour un employeur qui contourne la conven­tion des jour­na­listes en vous impo­sant abu­si­ve­ment un sta­tut d’auto-entrepreneur, d’intermittent… ou en vous payant en droit d’auteur

Vous subis­sez une pres­sion constante pour amé­lio­rer votre pro­duc­ti­vi­té (quan­ti­té d’articles à écrire, repor­tages à réa­li­ser…)

Vous n’avez plus les moyens ni le temps d’aller sur le ter­rain

Vous n’avez plus les moyens ni le temps d’enquêter

Vous n’avez plus les moyens ni le temps de recou­per vos infor­ma­tions

Vous devez choi­sir vos sujets en fonc­tion de leur poten­tiel d’audience

Vous devez créer du conte­nu plu­tôt que trai­ter de l’information

Vous publiez des articles non-relus

Vous avez des mana­gers, et non plus des rédac­teurs en chef

Vous avez été témoins de sup­pres­sions de poste, de coupes dans les bud­gets piges et dans les salaires

Vous avez choi­si d’être pigiste et vous enquê­tez des semaines pour au final être payé au lance-pierre

Vous avez dû signer un article réécrit ou re-titré par votre chef pour être plus raco­leur

Vous n’avez pas recon­nu les images ni le sens don­né aux images que vous avez rame­nées d’un tour­nage

Vous avez eu l’impression de pié­ti­ner la déon­to­lo­gie de votre métier

Vous en avez souf­fert

Si vous vous sen­tez concer­nés par une ou plu­sieurs situa­tions décrites ci-des­sus, que vous sou­hai­tez témoi­gner ou nous par­ler du jour­na­lisme auquel vous aspi­rez, contac­tez-nous à cette adresse : _ lesjournalistesatterres@gmail.com

Pour une presse indé­pen­dante

Les jour­na­listes debout

Sophie Eus­tache et Julien Bon­net

Source : ACRIMED