Odile Sankara sur La libération de l’Afrique.

Par Odile Sankara / Transcription : Zin Tv

Orga­ni­sa­tion de comé­mo­ra­tion, et de lutte pour la libé­ra­tion de l’A­frique.

EN LIEN :

Vidéo syn­thèse.
18 avril 2007.
Ren­contre All Uni­ver­si­ta­ria — Cata­nia.

Odile San­ka­ra, la sœur cadette du fon­da­teur du Bur­ki­na Faso, conti­nue la lutte ini­tiée par son aîné via le théâtre.

Dis­cours d’O­dile San­ka­ra en ita­lie dans le cadre de la cara­vane San­ka­ra.

L’A­frique est aus­si le lieux des contra­dic­tions mal­heu­reu­se­ment. Effec­ti­ve­ment quand on voit le train de vie de nos gou­ver­ne­ments, on se demande, pour­quoi les grands orga­nismes inter­na­tio­naux et les grandes finances, conti­nuent d’in­jec­ter de l’argent dans ces pays là. Parce qu’ils ont des châ­teaux en Europe, ils ont dans des comptes en Suisse, la plu­part — pas tous, leurs enfants sont dans les plus grandes écoles en Europe, …, On se demande pour­quoi ?

Le “pour­quoi” à cette inter­ven­tion est inté­res­sant ?
Mais effec­ti­ve­ment nous ne devons pas à cause de cela bais­ser les bras. Sinon, c’est le sui­cide…

Et mal­heu­reu­se­ment je crois que la résis­tance ne peut venir que de l’Oc­ci­dent et de l’Eu­rope. Non pas que l’Eu­rope vienne solu­tion­ner nos pro­blèmes à notre place. Non ce n’est pas cela. Tout sim­ple­ment parce que la seule per­sonne en Afrique, qui a le pou­voir de la parole ou quel­conques idées, et qui décide de déman­te­ler le sys­tème, à coup sûr, sera assas­si­né.

Je prends l’exemple de Tho­mas San­ka­ra, tout le monde savait qu’il allait être assas­si­né, lui le pre­mier, d’ailleurs il appe­lait sa femme “ma veuve”.

C’est sim­ple­ment pour dire que les dic­ta­tures afri­caines, sont main­te­nues par l’Oc­ci­dent. Même par les urnes nous ne pou­vons pas le des­ti­tuer, on ne les vote pas (on ne les élit pas), le peule ne veut plus d’eux. Mais ils gagnent tou­jours les élec­tions… Nous n’a­vons ni les moyens, ni le pou­voir de les des­ti­tuer.

Mais si les mou­ve­ments syn­di­ca­listes, les mou­ve­ments sociaux en Occi­dent, sortent dans la rue tous les jours pour dire à leurs gou­ver­ne­ments “stop”, je pense que ça va chan­ger les choses…

C’est pour cela que je dis que ça par­ti­ra de l’Oc­ci­dent. Ça par­ti­ra de là.

Sar­ko­zy se contente de s’en­tendre dire “La France n’a pas besoin de l’A­frique” — ok. Si la France n’a pas besoin de l’A­frique, que la France déman­tèle toutes ses bases mili­taires en Afrique, que la France arrête toute coopé­ra­tion en Afrique, et que la France laisse les richesses des sous-sol afri­cains en place.

J’ ai une der­nière chose à dire.

Si vous ne résis­tez pas, si vous res­tez des citoyens pas­sifs, si vous ne milite pas dans des mou­ve­ments pour dire “stop” à vos mul­ti­na­tio­nales ici (en Europe-Occi­dent), vous aurez beau mettre en place des garde-fous pour que l’A­frique ne vienne pas vous enva­hir, l’A­frique vien­dra. Donc vous avez inté­rêt, pour ne pas être enva­his, de vous lever vous-mêmes pour dire stop à vos mul­ti­na­tio­nales, et nous lais­ser en paix. Voi­là.

 

Sar­ko­zy à Daka­ra :