Football de contre-éducation : le catenaccio de la Françafrique

par Amzat Bou­ka­ri-Yaba­ra

Paral­lèle avec les diri­geants natio­na­listes éli­mi­nés et rem­pla­cés par des marion­nettes au moment des indé­pen­dances

Le cate­nac­cio est un sys­tème de jeu pure­ment défen­sif avec un gar­dien, cinq défen­seurs, deux milieux de ter­rain défen­sifs, deux milieux ailiers et un atta­quant, qui est appa­ru en Ita­lie, après l’ac­ci­dent d’a­vion qui cau­sa la mort des titu­laires de l’é­quipe du Grande Tori­no qui jouait alors un foot­ball cham­pagne dont béné­fi­ciait la Squa­dra Azzu­ra.

Si le paral­lèle avec les nom­breux diri­geants pan­afri­ca­nistes et natio­na­listes éli­mi­nés et rem­pla­cés par des marion­nettes au moment des indé­pen­dances n’est pas loin, il se trouve que la catas­trophe sur­ve­nue en 1949 obli­gea le nou­vel entraî­neur à inven­ter un nou­veau sys­tème de jeu cal­qué sur la fai­blesse des rem­pla­çants qui n’a­vaient pas le même talent et sur la créa­tion du poste de libé­ro.

Le cate­nac­cio a pour règle de se conten­ter de défendre et de faire des passes à dix, et sur­tout ne jamais drib­bler. L’ob­jec­tif du cate­nac­cio est de ver­rouiller le score, cas­ser le jeu et refu­ser toute ambi­tion offen­sive. Les équipes afri­caines des sor­ciers blancs ont adop­té le cate­nac­cio sans libé­ro, comme nos gou­ver­ne­ments ont adop­té les remèdes sui­ci­daires du néo­li­bé­ra­lisme sans cri­tique et en disant mer­ci.

Depuis 55 ans, la vie des anciennes colo­nies fran­çaises se résume à un match ami­cal sur fond de passe à dix avec Paris, avec pour seul but, défendre… Défendre le franc CFA avec toute l’é­quipe regrou­pée dans la sur­face.… défendre les accords mili­taires avec double mur en béton armé spon­so­ri­sé par Bouygues-Bol­lo­ré sur le coup-franc tiré par les pan­afri­cains… défendre la Fran­co­pho­nie avec déga­ge­ment dans les tri­bunes et ramas­seurs de balle cor­rom­pus… défendre la CPI avec tirage de maillot et achat d’ar­bitre… défendre le tri­ba­lisme avec tacle au genou sur les atta­quants pan­afri­cains… Tout ça sous les ordres bien­veillants du Sor­cier Blanc… Illus­tra­tion avec les “cham­pions d’A­frique”, bien loin du temps des Jay-Jay Oko­cha, Cyrille Maka­na­ky, Yous­souf Fofa­na et autres Abe­di Pelé…