Agression policière contre une marche féministe

Lettre envoyé à Yvan Mayeur, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles à propos des brutalités policières contre de jeunes féministes hier soir.

Lettre envoyé à Yvan Mayeur, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles à propos des brutalités policières contre de jeunes féministes hier soir.

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Mes­sieurs,

J’é­tais avec des amis dans le quar­tier du Man­ne­ken Pis hier, same­di 11 février 2017, vers 21h45 et nous avons été témoins des vio­lences décrites dans le Soir. Il s’a­gis­sait d’un groupe de jeunes filles qui mani­fes­taient de façon paci­fiste, à savoir la fin du har­cè­le­ment des femmes dans la rue. Les réponses poli­cières qui ont été don­nées sont tout à fait déme­su­rées, inad­mis­sibles et indignes d’une démo­cra­tie. Les quelques pas­sants ont été empê­chés de regar­der, inter­ro­ger ou pho­to­gra­phier, comme s’il s’a­gis­sait de dan­ge­reux ter­ro­ristes…

C’est la deuxième fois que je suis témoin de ces actions bru­tales envers de jeunes filles mani­fes­tantes et ai moi-même failli être bles­sée par des poli­ciers à qui je repro­chais leur vio­lence et ce n’est qu’à force de cris, qui ont atti­ré des tou­ristes, qu’ils ont arrê­té de me tordre les bras en me jetant par terre. C’é­tait lors de la mani­fes­ta­tion anti-avor­te­ment au Mont des Arts, en avril 2016, le même jour que la grande mani­fes­ta­tion paci­fiste après les atten­tats : quelques jeunes fémi­nistes étaient venues crier leurs reven­di­ca­tions et des dizaines de poli­ciers , atten­dant dans les camion­nettes et four­gons garés à proxi­mi­té, sont arri­vés sur­ex­ci­tés et leur sont tom­bés des­sus vio­lem­ment, sans que per­sonne autour ne bouge ; elles ont été embar­quées manu mili­ta­ri.

J’ai été coopé­rante au Maroc sous le règne d’Has­san II et ces inter­ven­tions poli­cières belges com­mencent à res­sem­bler dan­ge­reu­se­ment à celles de ce type d’é­tat : c’est gra­vis­sime. Et ce ne sont pas quelques graf­fi­tis qui vont pou­voir jus­ti­fier les réac­tions des poli­ciers …

Nous admi­rons le cou­rage de ces jeunes filles. Notre géné­ra­tion (j’ai 60 ans) ne l’a pas fait et nous ne pou­vons qu’en­cou­ra­ger leur déter­mi­na­tion pour être res­pec­tées dans les rues.

Nous atten­dons de vous une maî­trise de vos forces de police et la pro­tec­tion des femmes dans l’es­pace public.

Bien à vous,

C.Donnet

Ensei­gnante à l’E­cole Euro­péenne